Le dirigeant qui recherche des chemins d’action dans l’Ecriture est souvent décontenancé par un monde rural dont elle parle, qui semble si éloigné de la réalité quotidienne de nos entreprises industrielles. Pourtant, celui qui le désire peut trouver de solides appuis dans l’Ecriture pour répondre à ses questions vitales. Prenons par exemple le psaume 128 tiré de ce Livre des « louanges » qui constitue à l’époque de Jésus comme aujourd’hui la prière juive et la prière des heures des chrétiens. Ce psaume éclaire singulièrement la question que chacun peut se poser « Comment allier vie professionnelle et vie de famille ? »… >>> lire l’article : » A toi le bonheur ! »publié dans la revue Dirigeants Chrétiens, sept 2011.
Si vous passez prés de Limoges, allez visiter le village d’Oradour-sur-Glane. Vous verrez où a pu mener la folie en Europe. Le massacre (642 victimes) a été perpétré le 10 juin 1944 par des jeunes hommes, Waffen-SS de la Panzerdivision Das Reich qui remontait sur la Normandie où avaient débarqué les américains. Des français (‘malgré-nous’ : enrolés de force) en faisaient partie. La vieille méthode ramenée du front de l’Est a été appliquée : rassembler la population civile sur une place, séparer les hommes des femmes et des enfants, puis tuer et incendier pour effacer les traces, enfin inventer un prétexte bidon.
Le silence qui règne dans le village , l’atmosphère de fin du monde des batiments restés en l’etat, les voitures qui luttent contre la rouille, les rails du tramway de Limoges à une heure de là, l’église au coeur du village où trois-cent cinquante femmes et enfants ont été tués, toujours debout , la cloche fondue par les flammes, donnent au lieu une ambiance de mausolé sacré. « Dieu voit » dit la Bible (Gn 22, 14).
Pendant ce temps de jeunes américains donnaient leur vie sur les plages de Normandie pour mettre fin à ce reich qui devait durer 1000 ans.
Puissions-nous ne pas oublier ces jours.
Quelques photos :
Le témoignage d’une des rares rescapées en novembre 1944 :
« Entassés dans le lieu saint, nous attendîmes, de plus en plus inquiets, la fin des préparatifs auxquels nous assistions. Vers 16 heures, des soldats âgés d’une vingtaine d’années placèrent dans la nef, près du chœur, une sorte de caisse assez volumineuse de laquelle dépassaient des cordons qu’ils laissèrent traîner sur le sol. Ces cordons ayant été allumés, le feu fut communiqué à l’engin dans lequel une forte explosion se produisit et d’où une épaisse fumée noire et suffocante se dégagea. Les femmes et les enfants à demi asphyxiés et hurlant d’épouvante affluèrent vers les parties de l’église où l’air était encore respirable. C’est ainsi que la porte de la sacristie fut enfoncée sous la poussée irrésistible d’un groupe épouvanté. J’y pénétrai à la suite et, résignée, je m’assis sur une marche d’escalier. Ma fille vint m’y rejoindre. Les Allemands, s’étant aperçus que cette pièce était envahie, abattirent sauvagement ceux qui venaient y chercher refuge. Ma fille fut tuée près de moi d’un coup de feu tiré de l’extérieur. Je dus la vie à l’idée de fermer les yeux et de simuler la mort. Une fusillade éclata dans l’église. Puis de la paille, des fagots, des chaises furent jetés pêle-mêle sur les corps qui gisaient sur les dalles. Ayant échappé à la tuerie et n’ayant reçu aucune blessure, je profitai d’un nuage de fumée pour me glisser derrière le maître-autel. Il existe dans cette partie de l’église trois fenêtres. Je me dirigeai vers la plus grande qui est celle du milieu et, à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges, je tentai de l’atteindre. Je ne sais alors comment j’ai fait, mais mes forces étaient décuplées. Je me suis hissée jusqu’à elle, comme j’ai pu. Le vitrail était brisé, je me suis précipitée par l’ouverture qui s’offrait à moi. J’ai fait un saut de plus de trois mètres, puis je me suis enfuie jusqu’au jardin du presbytère. Ayant levé les yeux, je me suis aperçue que j’avais été suivie dans mon escalade par une femme qui, du haut de la fenêtre, me tendait son bébé. Elle se laissa choir près de moi. Les Allemands alertés par les cris de l’enfant nous mitraillèrent. Ma compagne et le poupon furent tués. Je fus moi-même blessée en gagnant un jardin voisin »
Interview de mon ami Jean-Yves Clément, Ecrivain, éditeur, directeur artistique, il est Commissaire général de l’Année Liszt en France en 2011. Il est l’auteur de « Franz Liszt » chez Actes Sud Acheter son livre sur 1001libraires, le portail des libraires indépendants
Propos recueillis par Emmanuelle Giuliani dans La Croix du 01 avril 2011.
« Liszt était une nature débordante, en expansion infinie, à l’image de sa Sonate en si mineur qui émerge du big bang pour retourner au silence primordial. Il est de ce fait très difficile à cerner, à circonscrire, à l’instar de ces grands génies de la Renaissance, Vinci ou Michel-Ange, auxquels il ajoute la dimension romantique propre à son époque. Artiste total, multiple, il est finalement insaisissable. La dissipation fait partie du moi profond de ce saltimbanque existentiel, bien au-delà de sa fonction de compositeur, concertiste, chef d’orchestre, écrivain, critique…
Nous n’avons, par exemple, aucune idée aujourd’hui de l’émoi, du délire même, que suscitaient ses incroyables tournées : un peu comme si aujourd’hui Barack Obama débarquait à l’improviste dans une ville de province ! Cette mission de diffusion musicale, il la vivait comme un prêcheur, au sens spirituel du terme. Liszt était d’ailleurs un être spirituel de A à Z. Et écrire sur lui, comme j’ai tenté de le faire, m’est apparu également de ce fait comme une forme de mission. La mission de l’artiste, écrivait Liszt en 1835, « est de diviniser le sentiment humanitaire sous tous ses aspects »…
Quand il organisait ses récitals – forme nouvelle du « one man show » avant l’heure qu’il inventa -, c’était autant pour jouer la musique des autres que la sienne, pour être serviteur des créateurs qu’il admirait, de Bach à Verdi, de Schubert à Wagner qu’il transcrivait à tour de bras dans un geste à la fois re-créatif et altruiste. C’est ainsi que ses paraphrases et transcriptions ne peuvent être limitées à une quelconque parade technique : elles sont l’expression d’un démiurge seul de son espèce qui transfigure littéralement la matière musicale dont il s’empare pour de nouvelles métamorphoses…
Son histoire d’amour avec la poésie et la littérature est de même essence. La lecture de ses textes – plusieurs essais importants, lettres, critiques -, témoignent d’un grand écrivain, à l’instar de son ami Berlioz. Mais il est aussi un grand lecteur qui fertilise sa musique des auteurs qu’il aime et admire : Shakespeare, Hugo, Byron… Liszt est ainsi l’inventeur du Poème symphonique. Et Goethe, bien entendu ; notamment la figure de Faust qui lui inspire une symphonie et qui étend son emprise sur toute son œuvre. Car Liszt devient lui-même ce dont il se saisit. Lire la suite de « Liszt, messie de la musique ? »→
De notre envoyé spécial en Suède (!)
J’ai fait un petit tour à Göteborg en Suède. Une région magnifique de forêts, de lac et d’îles. C’est là que se passe le trés beau roman : Une île trop loinde Annika Thor.
« Tu verras, il y a de grandes plages de sable doux, des palmiers, des marchands de glace et les gens se prélassent au soleil sous des parasols de toutes les couleurs »
dit une des deux enfants à sa soeur pour la rassurer dans le roman. En effet…
Religions en Suède
Ensuite je me suis rendu à Boras 65 000 habitants. Chaque année l’impot est reversé directement à l’Eglise Luthérienne de Suède. 7 millions de Suédois sur 8 sont membres de cette Église… mais seulement 1 Suédois sur 10 pense que la religion est importante dans la vie quotidienne, 3 Suédois sur dix seulement disaient avoir confiance en l’Église en 2006… Les catholiques représentent 1,7% de la population, les orthodoxes 1,1%, les musulmans 3,4% et les juifs sont 17 000.
Rendez à César…
Toujours curieux, je me suis demandé de quoi elle avait l’air cette église officielle. Un petit détail m’a amusé. Au fond de l’église, une machine à carte bleue pour récolter les dons des fidèles (photo). Il suffisait d’y penser !!!
C’est la Saint Patrick . Tout le monde est habillé en vert dans la rue ici à NYC comme il se doit.La fête de Saint-Patrick est célébrée par les Irlandais du monde entier, expatriés ou descendants des nombreux émigrants. Les américains d’origine irlandaise sont plus de 45 millions aux US, le second groupe aprés l’immigration d’origine allemande.
La cathédrale Saint-Patrick de New York est la plus grande cathédrale des États-Unis. Elle se trouve à l’angle de la Cinquième Avenue et de la 50e Rue en plein cœur de Manhattan. La première pierre de la cathédrale a été posée en 1858. En pierre de Caen !
Cette phrase de l’évangile de Luc ouvre la parabole du Bon Samaritain (Lc 10, 30-37). Je vous propose une visite de cette route qui descend de Jérusalem, située sur une montagne, à environ 800 mètres d’altitude à Jéricho vers la ville la plus basse de la planète, à plus de 250 mètres sous le niveau de la mer!
Le monastère Saint-Georges de Choziba est accroché à la falaise de pierre du wadi Qelt-« wadi » qui en arabe désigne une rivière dont le lit reste sec toute l’année sauf lors de la saison des pluies. Il est érigé sur un des versants de la falaise de pierre. Fondé à la fin du Ve siècle, ce monastère réunissait pour la liturgie, le dimanche et pour les fêtes les ermites qui vivaient dans les grottes de la falaise. Selon la légende, le prophète Élie se serait déjà reposé dans une de ces grottes en se rendant dans le Sinaï. Un lieu magique.
ernard de Clairvaux (1090 ou 1091, château de Fontaine-lès-Dijon, † 20 août 1153, abbaye de Clairvaux) Personnage le plus célèbre de l’ordre de Cîteaux, Bernard fut aussi l’une des individualités les plus marquantes de l’histoire de l’Église médiévale et l’un des hommes les plus actifs et les plus importants du xiie siècle. Il réforma la vie bénédictine.
dans le « Traité sur l’amour de Dieu »
Pourquoi et comment faut-il aimer Dieu
Vous voulez donc apprendre de moi pour quel motif et dans quelle mesure il faut aimer Dieu? Eh bien, je vous dirai que le motif de notre amour pour Dieu, c’est Dieu lui-même, et que la mesure de cet amour, c’est d’aimer sans mesure. Est-ce assez explicite? Oui, peut-être, pour un homme intelligent; mais je dois parler pour les savants et pour les ignorants, et si j’ai dit assez pour les premiers, je dois aussi tenir compte des seconds; c’est donc pour eux que je vais développer ma pensée, sinon la creuser davantage. Or je dis que noua avons deux motifs d’aimer Dieu pour lui-même; il n’est rien de plus juste, il n’est rien de plus avantageux. En effet, cette question: Pourquoi devons-nous aimer Dieu, se présente sous deux aspects : Ou l’on demande à quel titre Dieu mérite notre amour, ou bien quel avantage nous trouvons à l’aimer; je ne vois à cette double question qu’une réponse à faire : Le motif pour lequel nous devons aimer Dieu, c’est Dieu lui-même. […]. Lire la suite de « Les quatre degrés de l’amour de Dieu »→
Jésus et l'abba Ménas, icône du 6-7è siècle, Egypte.
Vers la fin du troisième siècle, alors que dans l’Empire Romain, le temps des persécutions touche à sa fin, quelques pionniers partirent au désert d’Egypte, le pays honni de la Bible, avec « le pain et le sel » fuyant Alexandrie, son port, ses prostituées et bientôt les évêques de la nouvelle chrétienté, la religion d’Etat de Constantin. Jésus aurait séjourné avec la sainte famille trois ans en Egypte; Israël avait trouvé sa fondation au désert, il n’en fallait pas plus pour les attirer. Et c’est ainsi que « le désert devint une cité » selon le mot d’un historien de l’époque. Voilà pour la légende.
Plus probablement, ces moines poursuivaient simplement l’idéal des communautés juives parties vivre au désert décrites par Philon d’Alexandrie ou Flavius Josèphe comme celle des Thérapeutes. Cette communauté d’ascètes juifs retirée au désert prés du lac de Maréotis est proche parente des esséniens du désert de Juda à Qoumrân. Ces ascètes juifs vivaient en ermites, isolés six jours sur sept dans une maison individuelle comprenant une « pièce sacrée » appelée encore monastêrion ou « ermitage » étudiant la Loi, les prophètes et les Psaumes. Mais surtout, ces comunuautés composées d’ascètes hommes et femmes se réunissaient pour la liturgie du shabbat selon Philon d’Alexandrie. Une liturgie menée par « le membre le plus ancien (presbytatos) et le plus versé dans la doctrine ». Ils mangeait du pain levé, accompagné de sel et d’hysope. La fête se poursuivait jusqu’à l’aube, avec des chants alternés féminins et masculins, unis à la fin dans un chœur unique puis des danses.
Les communautés chrétiennes de femmes et d’hommes trois siècles plus tard, elles aussi séparées, se réunissent pour célébrer la liturgie du dimanche. Il faut dire que déjà au moment où Pacôme (292-348) fondait des monastères masculins, sa sœur Marie établissait des communautés féminines. Dans son « Histoire Lausiaque » Pallade a noté qu’un monastère était habité par 400 nonnes (HL, XXXIII, 1). Des chiffres antiques à lire avec prudence ! Le monachisme d’abord érémitique était devenu cénobitique, c’est-à-dire communautaire. cassien servira de trait d’union entre l’Orient et l’Occident. Sa règle inspirera tout le monachisme occidental. On retrouve chez eux le pain et le sel des Thérapeutes. L’ascète qui accueillit Pacôme au désert lui dit : « Considérez, mon fils, dit le vieillard, que du pain et du sel font toute ma nourriture ; l’usage du vin et de l’huile m’est inconnu. »
Quand à la pratique liturgique, elle est décrite par l’ascète qui accueillit Pacôme au désert : « Considérez, mon fils, dit le vieillard, que du pain et du sel font toute ma nourriture ; l’usage du vin et de l’huile m’est inconnu. Je passe la moitié de la nuit à chanter des psaumes ou à méditer les Saintes Écritures ; quelques fois il m’arrive de passer la nuit entière sans sommeil. » Bref, une pratique de liturgie juive, la lectio divina monastique succédant au talmud Torah (l’étude de la Torah), tandis que le livre des psaumes était devenu le livre des prières juives de la synagogue et de l’office quotidien, vu comme un résumé de la Bible.
Ce n’est pas du tout un hasard si la plus importante communauté monastique se trouvait à l’ouest d’ Alexandrie (cliquez sur la carte pour l’agrandir) , car c’est tout simplement là que se trouvait la diaspora juive la plus nombreuse et la plus ouverte au écoles et pratiques de méditation stoïciennes.
Etrange personnage que l’abba (« papa » en araméen) Chenouté mort en 456 , ou Shenouda comme on voudra. Moins connu qu’Antoine ou Pacôme – grands organisateurs de mouvement monastique l’homme part au désert d’Egypte au IV siècle pour réformer la règle pacômienne… trop douce à ses yeux! Chenouté est persuadé que dans ses monastères règne une foire permanente. Il acquiert vite une réputation de sévère réformateur et la légende lui prête même d’avoir tué un moine de ses propres mains. Ses écrits ne sont qu’invective envers ses moines. Le vigoureux Chénouté est par ailleurs responsable de la destruction d’un grand nombre de temples égyptiens pharaoniques de sa région, trop païens à son gout. La communauté organisée par Chénouté d’Atripé avait sa branche féminine. Grand fondateur du monachisme copte on dit que l’archimandrite eu jusqu’à deux mille moines et mille huit cents moniales sous ses ordres.
Ce court ( !) préalable pour introduire le texte d’une prière émouvante de ce saint copte, si proche des prières du Kippour juif :
Folio 1 Recto
« La prière de l’archimandrite du monastère d’Atripé.
Dieu, pardonne-moi, car j’ai péché contre Toi en tant qu’homme. Pardonne-moi en tant que Dieu bon.
Dieu, aie pitié de moi en ce monde et en celui qui va venir.
Dieu, aie pitié de mon corps et de mon âme. Dieu aie pitié de moi à cause de la faiblesse de ma chair.