Le jour de Kippour 1913, Franz Rosenzweig qui doit être baptisé le lendemain entre dans une synagogue de Berlin. Par scrupule intellectuel il ne veut pas quitter le judaïme, qu’il ignore complètement sans y avoir gouté une fois. Il prie, il jeûne et retourne à Dieu et à lui même (teshouva, la conversion). Il ressort de la synagogue bouleversé et écrit à l’un de ses cousins qui devait être son parrain : « Je vais te decevoir, je reste juif. Peut-être le Christianisme, la demeure du Fils, doit-il permettre à chaque homme d’entrer dans le demeure du Père, et son caracère missionnaire est-il entièrement justifié, sauf pour le Juif, car le juif n’a pas besoin du fils pour retrouver le Père : de par sa naissance même, son histoire, son existence, il est à demeure dans la maison du Père ».
Catégorie : spiritualité
Des « gens du voyage » et de quelques autres errants…
Philon d’Alexandrie : « puisque je suis un homme »
Buste de César, découvert en 2007 dans la Rhône à Arles
Contemporain de Jésus, Philon d’Alexandrie a écrit un vaste commentaire de la Torah qui témoigne de la pensée juive affrontée à l’hellénisme en Egypte au début de notre ère. On ne peut qu’être frappé par l’humanité de ce commentateur qui puise dans le stoïcisme (Cf. la « mère commune de tous les hommes qu’est la nature »(1)) dans le De decalogo, son commentaire du décalogue.
Philon y oppose « le fabricateur de l’univers et son bienfaiteur, le Roi de rois » « qui ne s’est pas permis de dédaigner même l’homme le plus humble » à « la morgue et la jactance » dont sont remplis les tyrans et les rois de ce monde. Et Philon invite le tyran à « décontracter ses sourcils ».
Le buste de César découvert à Arles en 2007, ville qu’il fonda en 46 avant J.C., deux ans avant son assassinat, les sourcils froncés, plein d’une noble énergie montre bien l’inquiétude de celui qui rêvait d’égaler Alexandre le Grand ayant conquis l’univers à 30 ans… et fondé Alexandrie.
« J’aurais donc un abord facile et je serai affable, même si j’obtiens de dominer sur la terre et sur la mer » dit Philon, car il « convient de ne pas oublier ce que l’on est »… « Puisque je suis un homme »
Il faut relire Philon en ce temps de démesure.
Mais qui se soucie encore de nos jours de ces humanitas antiques ?
(1): on retrouve cette idée chez Marc Aurèle : Tous les hommes sont parents; et comme leur mère commune est la nature, c’est-à-dire la raison de Dieu, commettre une injustice envers les hommes est une impiété. «Se rendre coupable d’une injustice envers autrui, c’est faire un acte d’impiété, parce que la nature qui gouverne l’univers, ayant créé les êtres raisonnables pour s’aider par des secours réciproques, selon leurs mérites divers, sans qu’il leur soit jamais permis de se nuire entre eux, celui qui méconnaît cette volonté expresse de la nature se rend impie envers la plus auguste des divinités.» (Marc Aurèle, Pensées, LIvre IX, ch. 1)
La légende du Golem
Le Golem aurait été conçu au 16ème siècle par le Maharal de Prague (Rabbi Loew). C’était un personnage d’argile auquel il aurait donné la vie en inscrivant EMET (אמת, vérité) sur son front avec pour missionde défendre la communauté.
Pour le tuer, il aurait fallu effacer la 1re lettre de EMET (l’aleph) car MET(H) (מת) signifie mort.
Cet homme muet et mystérieux devint une célébrité à Prague mais un jour le Golem devint comme fou, traversant la ville et semant la destruction. Quand le Rabbi Loew fut prévenu de la panique qui régnait en ville, il cria au ciel : « Golem, reste où tu es ! ». Et le Golem se figea.
Que tes pensées sont pour moi difficiles, Dieu, que leur somme est imposante !
Je les compte : plus nombreuses que le sable ! Je m’éveille : je suis encore avec toi. »
La vie et la mort au bord du gouffre. In memoriam Jean-Louis Rambaud
Samedi 10 juillet 2010 une trentaine d’amis de Jean-Louis Rambaud, disparu le 1er janvier 2010 dans une avalanche avec ses deux compagnons, se sont rendus sur les lieux, en haute montagne, pour célébrer la mémoire de leur ami. Voici les textes de cette célébration, leur commentaire, et quelques images in memoriam.
Textes lus
Ps 120 (121)
Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ?
Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre.
Qu’il empêche ton pied de glisser, qu’il ne dorme pas, ton gardien.
Non, il ne dort pas, ne sommeille pas, le gardien d’Israël.
Le Seigneur, ton gardien, le Seigneur, ton ombrage, se tient près de toi.
Le soleil, pendant le jour, ne pourra te frapper, ni la lune, durant la nuit. Le Seigneur te gardera de tout mal, il gardera ta vie.
Le Seigneur te gardera, au départ et au retour, maintenant, à jamais.
Les pèlerins d’Emmaüs (Lc 24)
Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux faisaient route vers un village du nom d’Emmaüs, distant de Jérusalem de soixante stades, et ils conversaient entre eux de tout ce qui était arrivé. Et il advint, comme ils conversaient et discutaient ensemble, que Jésus en personne s’approcha, et il faisait route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Il leur dit :
« Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » Et ils s’arrêtèrent, le visage sombre. Prenant la parole, l’un d’eux, nommé Cléophas, lui dit :
– Tu es bien le seul habitant de Jérusalem à ignorer ce qui y est arrivé ces jours-ci !
– Quoi donc ? leur dit-il.
Ils lui dirent :
– Ce qui concerne Jésus le Nazarénien, qui s’est montré un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple, comment nos grands prêtres et nos chefs l’ont livré pour être condamné à mort et l’ont crucifié. Nous espérions, nous, que c’était lui qui allait délivrer Israël ; mais avec tout cela, voilà le troisième jour depuis que ces choses sont arrivées ! Quelques femmes qui sont des nôtres nous ont, il est vrai, stupéfiés. S’étant rendues de grand matin au tombeau et n’ayant pas trouvé son corps, elles sont revenues nous dire qu’elles ont même eu la vision d’anges qui le disent vivant. Quelques-uns des nôtres sont allés au tombeau et ont trouvé les choses tout comme les femmes avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu ! Alors il leur dit :
« O cœurs sans intelligence, lents à croire à tout ce qu’ont annoncé les Prophètes ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans sa gloire ? » Et, commençant par Moïse et parcourant tous les Prophètes, il leur interpréta dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
Quand ils furent près du village où ils se rendaient, il fit semblant d’aller plus loin. Mais ils le pressèrent en disant :
« Reste avec nous, car le soir tombe et le jour déjà touche à son terme. » Il entra donc pour rester avec eux.
Et il advint, comme il était à table avec eux, qu’il prit le pain, dit la bénédiction, puis le rompit et le leur donna. Leurs yeux s’ouvrirent et ils le reconnurent… mais il avait disparu de devant eux. Et ils se dirent l’un à l’autre :
« Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures ? »
A cette heure même, ils partirent et s’en retournèrent à Jérusalem. Ils trouvèrent réunis les Onze et leurs compagnons, qui dirent :
« C’est bien vrai ! le Seigneur est ressuscité et il est apparu à Simon ! » Et eux de raconter ce qui s’était passé en chemin, et comment ils l’avaient reconnu à la fraction du pain.
Commentaire de Didier Long le 10 juin 2010 –Les Hauts de Villaroger, combe des Lanchettes.
Le Psaume 121 est un des psaumes de pèlerinage que l’on récitait il y a 2000 ans et aujourd’hui encore lorsqu’on se rendait au Temple de Jérusalem lors des 3 pèlerinages des fêtes juives. On montait à Jérusalem, qui est cette montagne que l’on voit de loin. Nous aussi, nous avons marché en pèlerinage pour venir ici à 2500 mètres pour retrouver Jean-Louis. Nous venons de gravir la montagne et nous savons maintenant le prix de cet effort. Nous pouvons redire avec le psalmiste « Je lève les yeux vers les montagnes : d’où le secours me viendra-t-il ? » et le psalmiste répond immédiatement : « Le secours me viendra du Seigneur qui a fait le ciel et la terre». Cette ascension est un peu une parabole de notre propre vie, de notre pèlerinage sur cette terre. Lire la suite de « La vie et la mort au bord du gouffre. In memoriam Jean-Louis Rambaud »
A qui appartient la Terre d’Israël d’un point de vue religieux ? suite…
En dialogue avec un français qui est parti vivre en Israël depuis huit ans et réside dans la ville orthodoxe de Bne Brak, voici un point de vue chrétien sur la question suite à mon dernier post sur le sujet.

Concernant l’élection d’Israël
Je pense que cette révélation confiée à Israël est au cœur de l’histoire de l’humanité est son moteur profond. Seule l’adoration du Dieu Unique peut permettre de sortir de l’idolâtrie constitutive de tout désir humain, quelle que soit la culture. Pourquoi ? Parce que les cultures et les individus, quels que soient leurs efforts ou leur fulgurances restent enfermés dans l’idolâtrie. Sans l’Amour de Dieu, sans l’acceptation du « joug de la Torah » le désir de chacun de nous, la volonté de vivre des peuples, va de soi à soi en méprisant autrui. Cette annexion prédatrice d’autrui, la réduction d’autrui et des autres peuples ou religions à notre propre point de vue ne peut conduire qu’à la haine destructrice et à la guerre. La séduction (l’attitude du faible) n’est qu’une autre forme d’idolâtrie, une manière déguisée de continuer à exister sans Dieu. Donc sans Dieu, impossible de sortir de ce cercle infernal. En attendant la rédemption, nous sommes simplement invités à entrer dans le chema : « aime Dieu de tout ton cœur, de tout ton âme, de toutes tes forces… » Et d’autre part à réaliser ce que Dieu à fait connaître à Israël ; « ce qui est bien, ce qui est juste : pratiquer la justice, aimer la miséricorde et marcher humblement avec notre Dieu » (Mi 6,8), bref aimer son prochain. Il est bien clair que la rétribution de la terre découle de cet amour de Dieu et du prochain. La révélation à Moïse a été donnée à Israël de manière irrévocable, Israël en possède la plénitude jusqu’à ce que Dieu se manifeste à toutes les nations.
D’un point de vue chrétien on ne peut pas abroger l’élection d’Israël, elle n’est pas effacée par le christianisme, elle n’est pas caduque. Le lien entre le peuple juif et la Torah est affirmé par Jésus, Paul (« Les dons de Dieu sont sans repentance » (Rm 11,29), la tradition primitive de l’église et par le Concile Vatican 2 (1965) (Constitution Nostra Aetate) sans aucune ambigüité… C’est vrai que les chrétiens commencent seulement à le redécouvrir… après avoir persécuté les juifs. Toutes les tentatives de substitution du judaïsme par le christianisme, sont des erreurs théologiques et des fautes graves devant Dieu qui ont conduit à des atrocités.
Concernant erets israël
D’autre part et c’est notre sujet, si on affirme cela, l’élection, l’alliance de Dieu avec Israël entraine la reconnaissance du lien entre le peuple d’Israël et sa terre, est constitutif de l’élection d’Israël au même titre que son lien avec la Torah. Lire la suite de « A qui appartient la Terre d’Israël d’un point de vue religieux ? suite… »
De retour en Terre sainte
Je vous avais parlé l’an dernier d’un pèlerinage en Terre Sainte avec des épiscopaliens américains. Et bien cette année c’est moi qui ai organisé le pèlerinage pour une vingtaine de decision makers avec un ami. Quelques impressions.

L’oeil du cyclone ou une réelle détente ?
Thanks to Obama, la pression est descendue d’un cran dans le West Bank, avec beaucoup moins de check points, l’heure est à la détente. Cependant il est de plus en plus clair qu’aucune des deux parties du conflit Israélo palestinien ne veut faire la paix malgré tous les discours.
D’un coté, les ultras en Israël veulent la terre, 500 000 colons vivent à Jérusalem-Est et en Cisjordanie, dans une stratégie d’étouffement et de fait accompli ; et d’autre part, dans le West Bank le Hamas qui a pris le pouvoir à Gaza (impossible à visiter) a rayé Israël de sa carte du Moyen Orient. L’Iran pèse comme une épée de Damoclès et l’Islam politique (frères musulmans, hezbollah), qui fait pression de l’extérieur, n’est pas prêt de rendre les armes. Les religieux des deux camps qui sont montés peu à peu ont donc maintenant pignon sur rue, plutôt pour le pire comme le montre Charles Enderlin qui est venu nous parler de son livre : « Le grand aveuglement : Israël et l’irrésistible ascension de l’islam radical« . Une étincelle et c’est l’explosion.
Gel des settlements ?
Le gel des settlements que la communauté internationale appelle de ses voeux pour permettre la négociation reste largement une illusion. Les colonies représentent maintenant des villes immenses (photo) comme des forteresses médiévales sur les collines parfois baties en à peine dix ans, elles représentent des enclaves réparties dans tout le West Bank aux points stratégiques. Comment les stopper ? Toujours le même sentiment d’impuissance devant cette situation.
Les chrétiens de Terre sainte sous pression
Les chrétiens, écrasés entre le marteau et l’enclume, sont sommés de choisir leur camp. Ils sont passés de 70% à 12% dans une ville comme Bethléem, ils sont 1,4% dans le West Bank (60 000 ; 400 000 sont partis à l’étranger) et plus aucun des marchands autour du Saint Sépulcre dans la quartier arabe de la vieille ville de Jérusalem n’est chrétien. Une lueur d’espoir, un village comme Taybeh – Ephraïm, 100% chrétien (catholiques et Melkites grecs). Le moins qu’on puisse dire c’est que son curé, le père Raed Abu Sahlieh (photo), n’est pas désespéré ! Il a planté 30 000 oliviers et créé des business pour faire vivre un quart de la population du village, soit 86 familles (40% du village est au chômage)! Il vend chez Cora, Match, Leclerc, Super U, Auchan, Carrefour… La France n’a même pas été capable d’accorder des financements pour un moulin à huile à Taybeh… donc financement italien.
D’autre part il soutient l’école tenue par des religieuses (50 enfants de 5 à 15 ans) qui a besoin de financement, l’éducation d’un enfant coute 400 € par an, un prof 3000 €, à bon entendeur… Il est absolument clair que la montée d’une classe moyenne dans le West Bank et la création de business est le meilleur rempart contre les islamistes et l’exode vers l’étranger.
Cependant l’âge des communautés religieuses dans le West Bank frappe n’importe quel observateur et c’est par les chrétiens que passent l’éducation et les hopitaux dans tout le Moyen Orient. Les modérés de tous les camps et de tous les pays ont donc intérêt à se mobiliser. Sans parler des répercussions de ce conflit en France et ailleurs dans le monde.
Fabrique de Bière à Taybeh (Ephraïm)

Une autre originalité : une fabrique de bière (photo) tenue par des chrétiens au même endroit (Cf. article du NYTimes : A Beer for Palestine ).
Dieu parle arabe… à Nazareth
Nous avons assisté à la messe du dimanche de Pentecôte à Nazareth. Mgr Fouad Twal, Patriarche latin de Jérusalem la présidait. C’était magnifique.
Dieu parle ici arabe, et ce, bien avant l’Islam, déjà au premier siècle de notre ère comme en témoigne le récit de la Pentecôte dans le Livre des Actes de Apotres :
« Ils furent tous remplis d’Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, comme l’Esprit leur donnait de s’exprimer. Or, à Jérusalem, résidaient des Juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel. A la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait parler sa propre langue. Déconcertés, émerveillés, ils disaient : « Tous ces gens qui parlent ne sont-ils pas des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie, de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye cyrénaïque, ceux de Rome en résidence ici, tous, tant Juifs que prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons annoncer dans nos langues les merveilles de Dieu. » (Ac 2, 1-4)
Pour tout simplifier l’arrière fond de ce récit est juif… Le feu est celui de la remise de la Torah à Moïse au Sinaï, le bruit est celui de la montagne du Sinaï… un fête célébrée par les juifs à Chavouot, la Pentecôte juive quelques jours plus tôt, la tradition est de faire Talmud Torah toute la nuit. Cette pratique conduit à éprouver en soi le feu intérieur par l’unification de la Torah, à devenir une « Torah vivante », comme les disciples dans le récit des pélerins d’Emmaüs : « Notre coeur n’était-il pas tout brulant en nous alors qu’il nous ouvrait les Ecritures »(Lc 24), Dieu étant censé babiller toutes les langues (Cf. le récit inversé de Babel dans la Genèse dans lequel les hommes ne parlent plus la même langue, qui a donné « babillage »). D’origine païenne, la Pentecôte était une fête agricole où l’on célébrait la fin de la moisson des blés (Ex 23,16 ; 34,22), d’où le nom de fête « de la moisson » (Ex 23,16) ; son rituel se lit en Lv 23,15-21. Elle doit avoir lieu « sept semaines complètes, cinquante jours » après la Pâque (Lv 23,15-16). De là, les noms de « fête des Semaines » en hébreu ( Chavouot), et de « Pentecôte » dans le judaïsme hellénistique (le « cinquantième jour », en grec). Bref, on célèbre la fête avec un récit judéo-chrétien profondément enraciné dans la traditon juive et adressé aux arabes ! Tradire trahire (traduire c’est trahir) ? ou traduction = tradition ? Bienvenue dans le Moyen-Orient compliqué…
Voitures de luxe à Ramallah
J’ai, d’autre part, constitué une belle collection de photos de 4×4 à Ramallah et de programmes immobiliers somptuaires alors que la crise de l’immobilier bat son plein dans le monde entier… preuve que les aides européennes qui n’ont pas réussi à faire décoller le pays ne sont pas perdues pour tout le monde.
Je rappelle à ceux qui ne l’auraient pas lu le livre de Marie Pierre Samitier : Au pied du mur : Au coeur de la Terre sainte en guerre Paris-Jérusalem-Ramallah
Et voici quelques images du pélerinage :
Onfray, Roudinesco : dialogue de sourds
Le débat autour du dernier livre de Michel Onfray sur Freud est très intéressant car il pose la question de l’écoute dans la construction de soi.
En effet, une foi entendues les critiques sur les contradictions de la vie personnelle de Freud (par exemple, il renonce officiellement à la sexualité à l’âge de 37 ans mais couche avec sa belle-sœur dans des hôtels de luxe écrit Onfray, aime l’argent…), des « petits défauts » qui, il faut bien le dire, si ils étaient soi-disant « connus de tous » n’avaient jamais eu affaire à un si efficace porte-voix, mais la vie de l’homme conditionne-t-elle sa théorie ? Et après tout, le cynisme libertaire post soixante-huitard peut-il donner des leçons de morale aux bourgeois qui troussaient leurs bonnes au siècle précédent ? L’exemple de Victor Hugo ne condamne pas son œuvre.
Désormais est donc admis le totalitarisme d’une généralisation abusive de la théorie de l’inconscient et de l’Oedipe à tout problème psychique. Reconnues aussi, les critiques sur la psychanalyse constituée comme religion, c’est-à-dire « une secte qui a réussi » selon les propre mots d’Onfray, excommuniant tous les mal pensants, dont C.G. Jung, anathématisant ses détracteurs… dont Onfray. Entendue enfin l’impossibilité de constituer la pratique clinique de la psychanalyse comme science – mais après tout n’est-ce pas le statut de toutes les sciences humaines qui au XIXème siècle se constituèrent un peu vite comme « sciences » en oubliant leurs a-prioris de croyances ? Sans parler de la « science économique » (1)… Une fois discutées toutes ces critiques salutaires, il n’en reste pas moins que le grand risque, à mon avis, à philosopher au coup de marteau piqueur, est de jeter l’objet de la psychanalyse avec l’eau du bain du marigot freudien. Lire la suite de « Onfray, Roudinesco : dialogue de sourds »
Les messies du judéo-christianisme

Le messianisme, âme de l’occident
S’il fallait résumer en un seul mot l’inspiration fondamentale qui guide l’histoire des deux premiers millénaires en occident ce serait : l’espérance messianique. Le refus de la situation présente, l’espoir d’un monde meilleur, la volonté que la justice s’établisse un jour, voilà l’âme de l’occident. Celle-ci nous conduit spontanément à croire que l’histoire a un sens, que nous avons une vocation d’humanité à accomplir sur cette terre, que la vie surpasse les pulsions de mort dans l’histoire. Le messianisme, impatience de Dieu, exige la réalisation de l’espérance. Courant apocalyptique, il exige de Dieu la réalisation immédiate de sa promesse face à un surcroît de malheur insupportable. Lire la suite de « Les messies du judéo-christianisme »
Le Pèlerin chérubinique
Quelques aphorismes du mystique de Silésie Angelus Silesius (1624-1677) à lire et à relire dans Le Pèlerin chérubinique (Cherubinischer Wandersmann)
La rose est sans pourquoi, elle fleurit parce qu’elle fleurit,
N’a pour elle-même aucun soin, – ne demande pas : Suis-je regardée ?
Ω
Homme, si tu es encore quelque chose, si tu sais quelque chose, si tu aimes et détestes quelque chose,
Crois-moi, tu n’en as pas fini avec ton fardeau.
Ω
Le ciel est en toi et aussi les tortures de l’enfer :
Ce que tu choisis et ce que tu veux, tu l’as partout.
Ω
Si tu perds la vue à force de regarder le soleil
La faute est dans tes yeux non dans sa grande lumière.
Ω
Le soleil n’a pas mal quand tu te détournes de lui
Et Dieu non plus quand tu cours à l’abîme.
Ω
Le plus court chemin vers Dieu passe par la porte de l’amour ;
Le chemin de la science t’y mène très lentement.
Ω
Tu dis : Quitte le temps et rejoins l’éternité ;
Mais y a-t-il une différence entre le temps et l’éternité ?











































































