La rosa enflorece en el mes de mayo, La rose fleurit en mai

Un très beau chant juif espagnol du XIV siècle en ladino. Raiz de son vrai nom Gennaro Della Volpe est né à Naples en 1967, le Radicanto est un groupe musical italien, dont le nom contient « les racines » et « le chant ». Cette production a été présentée au Festival de la littérature juive de Rome en 2013 en collaboration avec le journaliste Roberto Saviano.

Ladino (Judéo-espagnol)

La Rosa Enflorece

La rosa enflorece, en el mes de mayo

Mi alma s’escurece, sufriendo de amor

Sufriendo de amor

Los bilbílicos cantan, suspirando el amor

Y la pasión me mata, muchigua mi dolor

Muchigua mi dolor

Más presto ven palomba,

más presto ven a mí

Más presto tú mi alma, que yo me voy morir

Que yo me voy morir

La rosa enflorece, en el mes de mayo

Mi alma s’escurece, sufriendo de amor

Sufriendo de amor

Sufriendo de amor

La rose fleurit

La rose fleurit au mois de mai,

Mon âme s’obscurcit, elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour.

Le rossignol chante, et soupire d’amour,

La passion me tue, ma douleur redouble

Ma douleur redouble.

Viens plus vite, ma colombe,

Plus vite viens à moi,

Plus vite toi mon âme, car je me sens mourir

car je me sens

mourir.

La rose fleurit au mois de mai,

Mon âme s’obscurcit, elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour

 

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Salon des écrivains du B’nai Brith Ben Gourion

Salon du Bnei Brith

J’y signerai mes livres ainsi que Marie-Pierre !

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« La Synagogue », Guillaume Apollinaire

Guillaume_Apollinaire_-_Calligramme_-_Poème_du_9_février_1915_-_Reconnais-toi

Wilhelm Albert Wlodzimierz Apolinary de Was de Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire, né sujet polonais de l’Empire russe en 1880 de mère polonaise et de père inconnu et mort pour la France en 1918, portait en lui l’amour d’Israël au point d’en étudier l’hébreu et d’aimer une femme juive, « elle avait des yeux israélites » écrit-il. Apollinaire connaissait bien les Juifs. Il fut séduit par leur étrangeté : Julien Weil demeura le fidèle compagnon de la mère du poète. Il s’occupa de Guillaume et de son frère. Puis il rencontra, l’érudit Molina da Silva, le père de Linda, une amour de jeunesse qui l’initia à l’hébreu et à la pensée juive. Ensuite, Apollinaire étudia la préface que Moïse Schwab fit pour la traduction française du Talmud de Jérusalem. Il s’intéressa à la Kabbale comme son ami, le poète juif Max Jacob. Dans « Le Passant de Prague », paru dans La Revue Blanche, en 1902 on lit : « J’aime les juifs car tous les juifs souffrent partout ». Voici son poème « LA SYNAGOGUE » :

Ottomar Scholem et Abraham Loeweren
Coiffés de feutres verts le matin du sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas

Ils se disputent et crient des choses qu’on ose à peine traduire
Bâtard conçu pendant les règles ou Que le diable entre dans ton père
Le vieux Rhin soulève sa face ruisselante et se détourne pour sourire
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren sont en colère

Parce que pendant le sabbat on ne doit pas fumer
Tandis que les chrétiens passent avec des cigares allumés
Et parce qu’Ottomar et Abraham aiment tous deux
Lia aux yeux de brebis et dont le ventre avance un peu

Pourtant tout à l’heure dans la synagogue l’un après l’autre
Ils baiseront la thora en soulevant leur beau chapeau
Parmi les feuillards de la fête des cabanes
Ottomar en chantant sourira à Abraham

Ils déchanteront sans mesure et les voix graves des hommes
Feront gémir un Léviathan au fond du Rhin comme une voix d’automne
Et dans la synagogue pleine de chapeaux on agitera les loulabim
Hanoten ne Kamoth bagoim tholahoth baleoumim

Guillaume Apollinaire

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Menorah

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Mi Shema’amin, « Celui qui croit »

(Chorus:)
מי שמאמין לא מפחד
את האמונה לאבד
ולנו יש את מלך העולם
והוא שומר אותנו מכולם
בכל מקום, כל הזמן
יש לכולנו מגדול ועד קטן
ימים יפים, וגם פחות
וביניהם תשובה לכל השאלותיש אלוהים אחד גדול
הוא בעולם הזה נותן לנו הכל
בין אפלה לקרן אור
את הנתיב אנחנו רק צריכים לבחורוזה ידוע החיים הם מתנה
הכל צפוי והרשות נתונה
(Chorus:)
העם הזה הוא משפחה
אחד ועוד אחד זה סוד ההצלחה
עם ישראל לא יוותר
תמיד על המפה אנחנו נשארוזה ידוע חיים הם מתנה
הכל צפוי והרשות נתונה
(Chorus:)
אנחנו מאמינים בני מאמינים
ואין לנו על מי להישען
אלא, אלא על אבינו
אבינו שבשמים
(Chorus:)

 

Mi shema’amin lo mefached
Et ha’emuna le’abed
Velanu yesh et melech ha’olam
Vehu shomer otanu mikulam
 

Bechol makom kol hazman
Yesh lechulanu migadol ve’ad katan
Yamim yafim vegam pachot
Uvenehem tshuva lechol hashe’elot
Yesh Elohim echad gadol

Hu ba’olam haze noten lanu hakol
Ben afela lekeren or
Et hanativ anachnu rak tzrichim livchor
Veze yadu’a hachayim hem matana
Hakol tzafuy veharashut netuna

Mi shema’amin lo mefached
Et ha’emuna le’abed
Velanu yesh et melech ha’olam
Vehu shomer otanu mikulam

Ha’am haze hu mishpacha
Echad ve’od echad ze sod ha’atzlacha
Am Israel lo yevater
Tamid al hamapa anachnu nisha’er

Veze yadu’a hachayim hem matana
Hakol tzafuy veharashut netuna

Mi shema’amin lo mefached
Et ha’emuna le’abed
Velanu yesh et melech ha’olam
Vehu shomer otanu mikulam

Il n’a pas peur, celui qui croit
De perdre la foi
Nous avons pour nous le roi du monde
Et il nous préserve de tout.
Dans chaque endroit, à tout moment,
Pour chacun de nous, l’adulte et le jeune,
Il y a des jours plus ou moins bons,
Et parmi eux, une réponse à chaque question.Il y a un seul grand Dieu
Dans ce monde, il nous donne tout,
Entre les ténèbres et un rayon de lumière,
Nous devons seulement choisir le chemin.

C’est connu : la vie est un cadeau
Tout est possible et la permission est donnée.
Il n’a pas peur, celui qui croit
De perdre la foi
Nous avons pour nous le roi du monde
Et il nous préserve de tout.

Ce peuple est une famille
Un plus un, c’est le secret de la réussite
Le peuple d’Israël n’abandonnera pas
Nous resterons toujours sur la carte.

C’est connu : la vie est un cadeau
Tout est possible et la permission est donnée.

Il n’a pas peur, celui qui croit
De perdre la foi
Nous avons pour nous le roi du monde
Et il nous préserve de tout.

Hashem melech, hashem malach. Hashem yimloch leolam vaed

Le Seignuer règne, le Seigneur a régné, le Seigneur régnera, pour toujours

L’âge d’or Judéo-espagnol

LadinoQuelques traductions de chants judéo-espagnols (merci à Marie Pierre qui connait la littérature et la langue espagnoles)

Ces chants sacrés ou profanes sont ceux des expulsés d’Espagne en 1492, ils se sont répandus dans toute la méditerranée en Turquie à Salonique, en italie, de l’Iran au Maghreb en passant par le Maroc.

En général, les expulsés s’intégraient aux communautés juives existantes et adoptaient leur langue au bout d’un certain temps. En revanche, dans le nord du Maroc et dans l’Empire ottoman alors en formation, ils maintiennent leur langue espagnole et l’imposent aux communautés juives antérieures, voire aux non-juifs qui s’en font une langue véhiculaire indispensable dans les relations commerciales. Le judéo-espagnol est essentiellement du castillan du XVème siècle, sa langue et ses mélodies ont été influencées par le turc, l’arabe marocain, l’italien, l’hébreu… les pioutim.

Il y a dans ces chants la fascination de la mer qui s’ouvre et la nostalgie du pays perdu.

Il y a en eux le drame de tous les exils, la quête d’identité mais aussi l’espoir de Sion.
Ecouter ici le magnifique témoignage de Mor Karbasi. Ici sur le site d’Akadem. 

J’ai pour ma part commencé à m’intéresser à la musique ladino en Turquie, au cours d’un voyage à Istanbul en 2011. C’était le vendredi 02 mai veille du shabbat. Nous sommes partis à la recherche de ce qui pouvait rester là-bas du judaïsme et sommes arrivés dans le quartier très pauvre de Balat. Jusqu’au milieu du XXe siècle, sa population était très majoritairement juive séfarade. On y trouvait aussi des Grecs, des musulmans et quelques Arméniens. Aujourd’hui, on estime que 40 % de la population du quartier sont installés à Istanbul depuis moins de 5 ans pour la plupart de turcs d’Anatolie. (voir ici des photos anciennes du quartier juif) Et nous sommes tombés sur la synague Ahrida. Mes voyages à Amsterdam, mes discussions avec des juifs de Salonique et de Livourne… ont fini de me convaincre que le monde des expulsés d’Espagne était une seule et unique culture.

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Irme Kero « Mère, je veux aller »

 

Irme Kero madre a Yerushlayimkomer de sus frutos, bever de sus aguas Mère, je veux aller et aimer Jérusalem
Je veux gouter ses fruits et boire ses eaux
En el me Arimo yoY en el M’afalago yoY en el Senior del todo el Mundo En Lui (el = « en lui » en espagnol et Elohim, « D.ieu » en hébreu) je trouve mon roc (point d’attache)
Et en lui j’ai mon abri
En son nom (Ye = « Yahvé », le Tétragramme) du Seigneur de tout l’univers
Y lo estan fraguando kon el piedras presiozasY lo estan lavrando kon piedras presiozas Et il sont en train de l’élever avec des pierres précieuses
Et ils ont en train de l’incruster avec des pierres précieuses
Y el Bet Amikdash lo vor d’enfrenteA mi me parese la Luna Kresiente Et je vois le Temple (Beith Ha-Mikdash) en face de moi qui me paraît comme la lune montante
En el me arimo yoY en el m’afalago yoY en el Senior del todo el Mundo En Lui (el = « en lui » en espagnol et « Elohim », D.ieu en hébreu) je trouve mon roc (« point d’attache »)
Et en lui j’ai mon abriEn son nom (Ye = Yahvé) du Seigneur de tout l’univers

Durme, Durme, « Dors, dors, » (comptine juive en judéo-espagnol)

 

« Durme » signifie « Dors ». Cette berceuse vient du répertoire médiéval castillan. Cependant, des versions proches existent dans le répertoire judéo-espagnol.

 

En eloheinou, Muestro Senyor Elohenu, « Notre Seigneur D.ieu »

 

Adio Querida, « Adieu bien-aimé »

 

Adio Querida est le chant de rupture d’une femme à bout.

Adio,
Adio Querida,
No quero la vida,
Me l’amagrates tu
Adieu, Adieu bien-aimé,
Je ne veux plus de la vie
Car tu as me l’a rendue misérable.
Tu madre cuando te pario
Y te quito al mundo
Coracon ella no te dio
Para amar segundo
Quand ta mère t’as délivré et porté au monde
Elle ne t’as  pas donné un cœur pour aimer à ton tour
Va, busacate otro amor,
Aharva otras puertas,
Aspera otro ardor,
Que para mi sos muert
Va chercher un autre amour,
Ouvre d’autres portes,
Trouve un autre désir
Car pour moi c’est la mort

 

Quando el Rey Nimrod, « Quand le roi Nimrod »

el Rey Nimrod raconte la naissance d’Abraham menacée par son antithèse, le roi Nimrod.

Dans la Genèse, Nimrod est présenté comme un fils de Koush, lui-même fils aîné de Cham et petit-fils de Noé. Nimrod est le premier héros sur la terre, et le premier roi après le Déluge. En hébreu Nimrod vient du verbe maradh, qui dérive du verbe Mered, qui signifie « se rebeller ». Nimrod devint le symbole de la révolte contre Dieu.

Dans la tradition juive depuis au moins le premier siècle on raconte qu’il initia la construction de Babel. Flavius Josèphe vers 95 à Rome écrivit : « [Nimrud] peu à peu, transforme l’état de choses en une tyrannie. Il estimait que le seul moyen de détacher les hommes de la crainte de Dieu, c’était qu’ils s’en remissent toujours à sa propre puissance. Il promet de les défendre contre une seconde punition de Dieu qui veut inonder la terre : il construira une tour assez haute pour que les eaux ne puissent s’élever jusqu’à elle et il vengera même la mort de leurs pères. Le peuple était tout disposé à suivre les avis de [Nimrod], considérant l’obéissance à Dieu comme une servitude ; ils se mirent à édifier la tour […] ; elle s’éleva plus vite qu’on eût supposé. » — Antiquités Juives, I, 114, 115 (IV, 2, 3).

Traduction page suivante : Lire la suite de « L’âge d’or Judéo-espagnol »

Toda ! Merci

TODA par Haïm Moshe

תודה על כל מה שבראת
תודה על מה שלי נתת
Toda al kol ma shebarata, 
Toda al ma sheli natata.
Merci pour tout ce que Tu as créé, 
Merci pour ce que Tu m’as donné.
על אור עיניים
חבר או שניים
על מה שיש לי בעולם
על שיר קולח
ולב סולח
שבזכותם אני קיים
Al or einayim,
Chaver oh shnayim,
Al ma sheyesh li ba’olam.
Al shir kolei’ach
Velev solei’ach
Shebizchutam ani kayam.
Pour la vue,
Un ami ou deux,
Pour ce que j’ai dans le monde,
Pour un chant qui coule,
Et un cœur qui pardonne
Car grâce à eux, j’existe.
על צחוק של ילד
ושמי התכלת
על אדמה ובית חם
פינה לשבת
אישה אוהבת
שבזכותם אני קיים
Al tzchok shel yeled
Ushmei hat’chelet
Al adama – uvayit cham.
Pina lashevet
Isha ohevet
Shebizchutam ani kayam.
Pour le rire d’un enfant
Et le ciel d’azur,
Pour la terre – et une maison chaleureuse,
Un endroit où s’asseoir,
Une femme amoureuse,
Car grâce à eux, j’existe.
על יום של אושר
תמימות ויושר
על יום עצוב שנעלם
תשואות אלפיים
וכפיים
שבזכותם אני קיים.
Al yom shel osher,
T’mimut veyosher,
Al yom atzuv shene’elam.
Tshu’ot – alpayim,
V’chapayim,
Shebizchutam ani kayam.
Pour un jour de bonheur,
L’innocence et l’honnêteté,
Pour un jour triste qui disparaît,
Deux mille acclamations
Et des mains qui applaudissent,
Car grâce à eux, j’existe.
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Ida, une anamnèse

Pologne, années 1960. Quatre jours avant de prononcer ses vœux, Anna, jeune orpheline élevée au couvent, poussée par les soeurs du couvent rend visite à sa tante Wanda, seule membre de sa famille encore en vie avant de consacrer pour toujours sa vie à Dieu. Elle découvre alors d’elle qu’elle est juive : « tu es une nonne juive ». Wanda  lui révèle l’histoire de sa famille dont tous les membres ont été tués durant l’occupation nazie. Elle est originaire de Lublin.

Wanda ne comprend pas la volonté de sa nièce de devenir nonne. L’orpheline et sa tante se mettent en quête de la vérité. Ensemble, elles prennent la route pour revoir la maison où est née la jeune femme- – une recherche que Wanda a manifestement retardée le plus possible, par peur de la vérité.  Wanda est une juge «rouge», qui, a appliqué avec férocité la doctrine stalinienne de ces années 60 et envoyé de nombreux polonais à la potence. Elle est dure, émotive, exprime ses opinions et son désir brutalement, elle aime l’alcool et les hommes. Ida, son opposée, est toute de droiture et d’innocence, elle est pieuse,  calme, timide et très morale. L’orpheline vit une profonde crise d’identité : est-elle catholique ou juive ? le film raconte les démons opposés de ces deux femmes dans le froid polonais et la neige.

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Les deux femmes comprennent peu à peu que des paysans polonais leur ont volé leur maison. Qu’après avoir caché et nourri la famille d’Ida, ils les ont liquidés de manière horrible dans les bois et conduite Ida la rescapée au couvent car « elle n’était pas brune de peau et circoncise comme son frère ». Tout le film est un road movie à la recherche des corps et de la mémoire de leurs disparus, Anna traînant une valise élimée et Wanda son alcoolisme  chronique. En chemin, elles prennent Lis en stop. Ida ne tarde pas à tomber sous le charme du séduisant jeune musicien. Finalement arrivée à bon port, elles se confrontent à un fermier et à son fils au cœur du drame.

Comme dans Shoah de Claude Lanzmann, Ida pénètre le fond de l’âme polonaise, le fait avéré que ce sont des gens du commun qui ont tué les juifs et volés leurs biens et qui s’expliquent pour justifier l’injustifiable. Une parabole sur l’extermination des juifs d’Europe. Une « nonne juive » qui retrouve son âme.

Ces femmes sont à la recherche de leurs disparus pour leur donner une sépulture digne. L’image du fils du fermier polonais prostré dans sa tombe – tuer les juifs c’est effacer sa propre humanité, son aveu, le linceul sur les os, sont les plus poignantes du film. Les plus dérangeantes aussi. Ce sont des milliers d’ombres qui hantent les campagnes de Pologne, d’Ukraine, de Hongrie ou de Russie,  et qui supplient les vivants de leur accorder le repos. Des femmes, des enfants, où sont-ils ?

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Une mémoire de disparus et une recherche de vérité en noir et blanc. Des portraits de Renoir dans un univers sombre et envoûtant. J’entends cet ordre impérieux d’un de mes amis rabbins un jour à ma femme : « Il faut retrouver les tombes ». Et aussi celle-ci entendue en Alsace :  « Il n’y a jamais eu de juifs ici ». Comment vivre sans savoir qui on est véritablement ? Sans se réconcilier avec ses disparus ? Peut-être que l’humanité ne voudra jamais de nous les Juifs.   « Tous mes os diront: Éternel, qui est semblable à toi, qui délivres l’affligé de celui qui est plus fort que lui, l’affligé et le pauvre de celui qui le dépouille? » (Tehilim 35, 10). Sous le nazisme, l’humanité a commis un second péché originel. Du sol,  le sang d’Abel crie vers Dieu.  Izkor.

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Réalisé par le résident britannique Pawel Pawlikowski, Ida est le premier film qu’il tourne dans sa Pologne natale.

« Sotah » de Naomi Ragen

IMG-20140125-00150Dans la Bible, le mot sotah  désigne la femme soupçonnée d’adultère (Nombres 5, 11-28). Dans le Talmud, un traité entier appelé Sotah est consacré à la question de l’infidélité conjugale. Ce trés beau livre de Naomi Ragen raconte la vie de trois soeurs, femmes dans le milieu haredi.

Les Reich, famille juive ultra-orthodoxe, de huit enfants vivent modestement à Jérusalem à Mea-Shearim. Le père un homme pieux et bon étudie et enseigne toute la journée. C’est la mère, une force de la nature, qui comme cela est fréquent dans ce milieu, gagne l’argent du ménage et tient le foyer. Dvora l’aînée, se marie tardivement (à vingt ans!) via un marieur décrit au portrait inénarrable avec un élève de Yeshiva peu attirant mais gentil dont elle apprendra progressivement à apprécier les qualités.
C’est surtout Dina, la cadette, que le lecteur suivra pas à pas. Ravissante et fragile, elle se marie à 17 ans, sans enthousiasme, avec Judah Gutman, un menuisier de vingt-six ans, géant timide et maladroit. Peu après son mariage, la jeune femme se laisse éblouir par Noah Saltzman, un voisin peu scrupuleux, membre de la même communauté. Elle est bientôt accusée d’adultère par la Brigade des moeurs qui sévit clandestinement dans son quartier. Sa vie bascule.
Pour éviter qu’un scandale jette l’opprobre sur sa famille, elle est contrainte de quitter les siens sans un mot. Elle devient aide ménagère dans une famille juive assimilée de New York, qui ignore tout de son histoire. Malgré la gentillesse de sa famille d’accueil, elle peine à vivre dans cette société qu’elle perçoit comme individualiste, tournée vers la consommation et les loisirs. Une société radicalement différente de celle qu’elle a connue.
Dans ce roman, Naomi Ragen fait pénétrer le lecteur au coeur même du milieu juif ultra-orthodoxe et le confronte au monde moderne. Elle dépeint avec tendresse, cette société soudée, respectueuse de valeurs fortes et n’hésite pas à dénoncer le fanatisme de certains groupes, les injustices et les abus, tout particulièrement en ce qui concerne le statut de la femme.

NaomiDec2004-02L’auteur : Naomi Ragen, née en 1949 à Brooklyn (New York) dans une famille juive orthodoxe. étudie la littérature anglaise, la philosophie et l’histoire à la City University de New York. En 1968, elle rencontre son mari, pratiquant comme elle, étudiant en mathématiques. En 1971, le couple décide de s’établir à Jérusalem. En 1989, elle publie son premier roman Jephte’s Daughteroù elle décrit le malaise qu’elle ressent à vivre dans un quartier qui devient de plus en plus rigoriste. Elle reçoit alors des centaines de lettres de femmes qui l’encouragent, lui demandent des conseils et lui apportent leur témoignage. C’est en 1992, avec son deuxième roman Sotah, qu’elle obtient la reconnaissance du grand public avec plus de 200000 exemplaires vendus aux Etats-Unis et en Israël.  Depuis, elle a écrit cinq autres romans.

Happy new year and… Get lucky !

Pour finir l’année avec un peu de fun, voici le tube de l’année, en top des charts, Get Lucky de Daft Punk, mais dans un remix  de Aish HaTorah sur Aish.com pour Rosh Hashanah…

Get Clarity:

La traduction en français sur Dailymotion

Cinema paradiso

J’ai retrouvé un vieil ami que j’avais rencontré il y a vingt ans alors qu’il réalisait un reportage pour la TV Suisse Romande. Simon Edelstein vit en Suisse il est réalisateur de cinéma et photographe.

Et Simon a une espèce de passion bizarre pour les cinémas, pas les multiplexes en banlieue au milieu des bretelles d’autoroutes mais les vieux cinémas, ceux qui ferment . Comme d’autres font de la généalogie, lui il photographie les cinémas. Systématiquement, pour la mémoire.

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 « Les salles de cinéma rêvaient d’immortalité, se voyaient traverser le temps, adorées comme des cathédrales. Très vite pourtant, ces temples de la laïcité et du bonheur se sont retrouvés délaissés, oubliés, abandonnés, transformés. Cette architecture radieuse, flamboyante, extravagante n’a été reconnue ni des pouvoirs publics, ni même des architectes, raisons pour lesquelles rares sont ceux qui se sont indignés de leur vague de destruction. Les photographies de Simon Edelstein illustrent la nostalgie de cet éclectisme architectural et rendent hommage à ces « lieux d’illusion, de poésie, de liberté et de créativité ». »

Allez voir sur son site, ses photos sensibles et mélancoliques, ses livres, c’est très beau : http://www.simon-edelstein.ch/

La généalogie, l’idée que nous ne puissions pas laisser le passé s’en aller sans faire mémoire est probablement le sport national juif le plus populaire!

Pour compléter la collection, il se trouve qu’il y a quelques semaines j’ai été à Tel Aviv à « l’Hôtel Cinéma », un hôtel dans un ancien cinéma précisément.

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