Hineni, me voici


Le psaume 40 inspire la chanson de Léonard Cohen «You Want It Darker», la plus juive de ses chansons. C’est ce que je vis en ces jours. « Hineni, me voici je viens! »

Il y a aussi la première phrase du Kaddish Itgadal, Veitkadash Shémé Rabba, « Magnifié, sanctifié, soit le Grand Nom (D.) »

ז  זֶבַח וּמִנְחָה, לֹא-חָפַצְתָּ–    אָזְנַיִם, כָּרִיתָ לִּי;
עוֹלָה וַחֲטָאָה,    לֹא שָׁאָלְתָּ.
7 Tu ne souhaites ni sacrifice ni oblation, tu as ouvert mes oreilles, tu n’exiges ni holocaustes ni victimes.
ח  אָז אָמַרְתִּי, הִנֵּה-בָאתִי. 8 Aussi je dis: « Voici, je viens ! (Hiné Bati)

«You Want It Darker» de Leonard Cohen

Tu veux que ce soit plus sombre

If you are the dealer, I’m out of the game
Si tu es le croupier, je suis hors- jeu
If you are the healer, it means I’m broken and lame
Si tu es le guérisseur, ça signifie que je suis brisé et bancal
If thine is the glory then mine must be the shame
Si la gloire est tienne, alors la honte est mienne
You want it darker
Tu le veux plus sombre
We kill the flame
Nous tuons la flamme

Magnified, sanctified, be thy Holy Name
Magnifié, sanctifié, soit ton Saint Nom

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Shtisel : au Nom du Père


Je viens de terminer la seconde saison de SHTISEL qui est parue en français.

Shulem Shtilsel le père et son fils Akiva (Michael Aloni) sont toujours sur leur balcon du quartier haredi de Geula à Jérusalem et dans le huis clos de leur cuisine.

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le Rav Shulem, malgré toutes ses déclarations et tentatives, vit dans le souvenir de son épouse disparue qui lui apparaît à chaque moment important du film. Il perd sa mère, celle qui dans un hospice dans la série 1 disait à propos d’un western qu’elle découvrait à la télévision (les harédim ne regardent pas la TV) à une de ses compagnes : « Ils portent des grands chapeaux comme à Hébron… mais ils n’ont aucune morale ! ils se tirent dessus en permanence ! ».

Bref, exit la maman et l’épouse idéalisées, bienvenue la voisine. La séquence où Shulem fait des efforts pathétiques pour se marier avec l’inénarrable veuve d’un chadkhan (« marieur », le chidoukh est un mariage arrangé par un intermédiaire) qui a récupéré le carnet d’adresse du défunt pour marier le fils de Shulem… et qui, dés les fiançailles, veut immédiatement lui faire refaire la cuisine de son ex-épouse. Le sketch est désopilant.

Le rav Shulem, père omniprésent, « coriace » comme il se définit lui-même (épisode 12) vit sous l’emprise du souvenir de ces femmes et… manipule tout son entourage.

On lui doit des répliques cultes comme : « Ta mère aurait voulu que j’étudie plus… ou que je me douche plus souvent… mais elle ne l’a jamais demandé de changer ! tu m’entends bien ? JAMAIS. Ne te marie jamais avec une femme qyu te demande de changer ! ». Résultat le Rav Shulem vit dans une solitude pathétique.

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ידיד נפש yedid nefesh


Yedid Nefesh (hébreu : ידיד נפש yedid nefesh, « Amant de l’âme ») est le nom d’un poème liturgique traditionnel, du Rabbi Elazar Azkari,  chanté  le jour du chabbat.- il a été écrit au 16ème siècle à Safed

Youd : Compagnon de l’âme, Père miséricordieux, incite Ton serviteur à réaliser Ton désir. Il accourra alors comme un cerf, pour se prosterner devant Ta grandeur ! Douce est pour lui Ton affection, plus suave que le miel le plus pur.

Hé : Source rayonnante de ce monde, mon âme languit, dolente de Ton amour. Je T’implore, mon Dieu, guéris-la donc, en lui dévoilant la splendeur de Ton éclat ! Elle se ranimera et la santé elle recouvrera, pour Te servir à jamais.

Vav : Ô Vénérable, que s’éveille Ton émoi, prends en pitié Ton fils qui Te chérit tant. Car au plus profond de lui, à contempler la magnificence de Ta puissance il aspire ! Je T’en prie, mon Dieu, désir de mon âme, ne tarde pas, ne Te dérobe pas.

Hé : Révèle-Toi, Ami intime, sur moi Ton pavillon de paix déploie. Éveille la Terre à Ta gloire, et nous exulterons, ferons éclater notre joie ! Hâte-Toi, Bien-aimé, il me tarde de te rencontrer. Accorde-moi, je Te prie, Ta tendresse comme au temps passé.

 

יְדִיד נֶפֶשׁ, אָב הָרַחְמָן
מְשךְ עַבְדָךְ אֶל רְצונָךְ
יָרוּץ עַבְדָךְ כְמו אַיָל
יִשְתַחֲוֶה מוּל הֲדָרָךְ
כִי יֶעְרַב לו יְדִידוּתָךְ
מִנּפֶת צוּף וְכָל טָעַם

הָדוּר, נָאֶה, זִיו הָעולָם
נַפְשִי חולַת אַהֲבָתָךְ
אָנָא אֵל נָא, רְפָא נָא לָהּ
בְהַרְאות לָהּ נעַם זִיוָךְ
אָז תִתְחֵזֵק וְתִתְרַפֵא
וְהָיְתָה לָךְ שִפְחַת עולָם

וָתִיק, יֶהְמוּ רַחֲמֶיךָ
וְחוּס נָא עַל בֵן אוהֲבָךְ
כִי זֶה כַמֶה נִכְסף נִכְסַף
לִרְאות בְתִפְאֶרֶת עֻזָךְ
אָנָא אֵלִי, מַחְמָד לִבִי
חוּשָה נָא, וְאַל תִתְעַלָם

הִגָלֵה נָא וּפְרשׂ, חָבִיב
עָלַי אֶת סֻכַת שְלומֶךְ
תָאִיר אֶרֶץ מִכְבודָךְ
נָגִילָה וְנִשְׂמְחָה בָךְ
מַהֵר, אָהוּב, כִי בָא מועֵד
וְחָנֵנִי כִימֵי עולָם

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La rosa enflorece en el mes de mayo, La rose fleurit en mai


Un très beau chant juif espagnol du XIV siècle en ladino. Raiz de son vrai nom Gennaro Della Volpe est né à Naples en 1967, le Radicanto est un groupe musical italien, dont le nom contient « les racines » et « le chant ». Cette production a été présentée au Festival de la littérature juive de Rome en 2013 en collaboration avec le journaliste Roberto Saviano.

Ladino (Judéo-espagnol)

La Rosa Enflorece

La rosa enflorece, en el mes de mayo

Mi alma s’escurece, sufriendo de amor

Sufriendo de amor

Los bilbílicos cantan, suspirando el amor

Y la pasión me mata, muchigua mi dolor

Muchigua mi dolor

Más presto ven palomba,

más presto ven a mí

Más presto tú mi alma, que yo me voy morir

Que yo me voy morir

La rosa enflorece, en el mes de mayo

Mi alma s’escurece, sufriendo de amor

Sufriendo de amor

Sufriendo de amor

La rose fleurit

La rose fleurit au mois de mai,

Mon âme s’obscurcit, elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour.

Le rossignol chante, et soupire d’amour,

La passion me tue, ma douleur redouble

Ma douleur redouble.

Viens plus vite, ma colombe,

Plus vite viens à moi,

Plus vite toi mon âme, car je me sens mourir

car je me sens

mourir.

La rose fleurit au mois de mai,

Mon âme s’obscurcit, elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour

 

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Salon des écrivains du B’nai Brith Ben Gourion


Salon du Bnei Brith

J’y signerai mes livres ainsi que Marie-Pierre !

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« La Synagogue », Guillaume Apollinaire


Guillaume_Apollinaire_-_Calligramme_-_Poème_du_9_février_1915_-_Reconnais-toi

Wilhelm Albert Wlodzimierz Apolinary de Was de Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire, né sujet polonais de l’Empire russe en 1880 de mère polonaise et de père inconnu et mort pour la France en 1918, portait en lui l’amour d’Israël au point d’en étudier l’hébreu et d’aimer une femme juive, « elle avait des yeux israélites » écrit-il. Apollinaire connaissait bien les Juifs. Il fut séduit par leur étrangeté : Julien Weil demeura le fidèle compagnon de la mère du poète. Il s’occupa de Guillaume et de son frère. Puis il rencontra, l’érudit Molina da Silva, le père de Linda, une amour de jeunesse qui l’initia à l’hébreu et à la pensée juive. Ensuite, Apollinaire étudia la préface que Moïse Schwab fit pour la traduction française du Talmud de Jérusalem. Il s’intéressa à la Kabbale comme son ami, le poète juif Max Jacob. Dans « Le Passant de Prague », paru dans La Revue Blanche, en 1902 on lit : « J’aime les juifs car tous les juifs souffrent partout ». Voici son poème « LA SYNAGOGUE » :

Ottomar Scholem et Abraham Loeweren
Coiffés de feutres verts le matin du sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas

Ils se disputent et crient des choses qu’on ose à peine traduire
Bâtard conçu pendant les règles ou Que le diable entre dans ton père
Le vieux Rhin soulève sa face ruisselante et se détourne pour sourire
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren sont en colère

Parce que pendant le sabbat on ne doit pas fumer
Tandis que les chrétiens passent avec des cigares allumés
Et parce qu’Ottomar et Abraham aiment tous deux
Lia aux yeux de brebis et dont le ventre avance un peu

Pourtant tout à l’heure dans la synagogue l’un après l’autre
Ils baiseront la thora en soulevant leur beau chapeau
Parmi les feuillards de la fête des cabanes
Ottomar en chantant sourira à Abraham

Ils déchanteront sans mesure et les voix graves des hommes
Feront gémir un Léviathan au fond du Rhin comme une voix d’automne
Et dans la synagogue pleine de chapeaux on agitera les loulabim
Hanoten ne Kamoth bagoim tholahoth baleoumim

Guillaume Apollinaire

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Menorah

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Mi Shema’amin, « Celui qui croit »


(Chorus:)
מי שמאמין לא מפחד
את האמונה לאבד
ולנו יש את מלך העולם
והוא שומר אותנו מכולם
בכל מקום, כל הזמן
יש לכולנו מגדול ועד קטן
ימים יפים, וגם פחות
וביניהם תשובה לכל השאלותיש אלוהים אחד גדול
הוא בעולם הזה נותן לנו הכל
בין אפלה לקרן אור
את הנתיב אנחנו רק צריכים לבחורוזה ידוע החיים הם מתנה
הכל צפוי והרשות נתונה
(Chorus:)
העם הזה הוא משפחה
אחד ועוד אחד זה סוד ההצלחה
עם ישראל לא יוותר
תמיד על המפה אנחנו נשארוזה ידוע חיים הם מתנה
הכל צפוי והרשות נתונה
(Chorus:)
אנחנו מאמינים בני מאמינים
ואין לנו על מי להישען
אלא, אלא על אבינו
אבינו שבשמים
(Chorus:)

 

Mi shema’amin lo mefached
Et ha’emuna le’abed
Velanu yesh et melech ha’olam
Vehu shomer otanu mikulam
 

Bechol makom kol hazman
Yesh lechulanu migadol ve’ad katan
Yamim yafim vegam pachot
Uvenehem tshuva lechol hashe’elot
Yesh Elohim echad gadol

Hu ba’olam haze noten lanu hakol
Ben afela lekeren or
Et hanativ anachnu rak tzrichim livchor
Veze yadu’a hachayim hem matana
Hakol tzafuy veharashut netuna

Mi shema’amin lo mefached
Et ha’emuna le’abed
Velanu yesh et melech ha’olam
Vehu shomer otanu mikulam

Ha’am haze hu mishpacha
Echad ve’od echad ze sod ha’atzlacha
Am Israel lo yevater
Tamid al hamapa anachnu nisha’er

Veze yadu’a hachayim hem matana
Hakol tzafuy veharashut netuna

Mi shema’amin lo mefached
Et ha’emuna le’abed
Velanu yesh et melech ha’olam
Vehu shomer otanu mikulam

Il n’a pas peur, celui qui croit
De perdre la foi
Nous avons pour nous le roi du monde
Et il nous préserve de tout.
Dans chaque endroit, à tout moment,
Pour chacun de nous, l’adulte et le jeune,
Il y a des jours plus ou moins bons,
Et parmi eux, une réponse à chaque question.Il y a un seul grand Dieu
Dans ce monde, il nous donne tout,
Entre les ténèbres et un rayon de lumière,
Nous devons seulement choisir le chemin.

C’est connu : la vie est un cadeau
Tout est possible et la permission est donnée.
Il n’a pas peur, celui qui croit
De perdre la foi
Nous avons pour nous le roi du monde
Et il nous préserve de tout.

Ce peuple est une famille
Un plus un, c’est le secret de la réussite
Le peuple d’Israël n’abandonnera pas
Nous resterons toujours sur la carte.

C’est connu : la vie est un cadeau
Tout est possible et la permission est donnée.

Il n’a pas peur, celui qui croit
De perdre la foi
Nous avons pour nous le roi du monde
Et il nous préserve de tout.

Hashem melech, hashem malach. Hashem yimloch leolam vaed

Le Seignuer règne, le Seigneur a régné, le Seigneur régnera, pour toujours