Comment Csanad Szegedi, cadre du Jobbik (extrème droite hongroise)… a fait sa Bar Mitzvah !

Un jour de 2012, Szegedi, 30 ans, Haut responssable du parti ultranationaliste et antisémite Jobbik en Hongrie, au Parlement européen, découvre… que son adorable grand-mère est juive, survivante d’Auschwitz.

Pourtant, il y a seulement quelques années, le même homme méprisait les Juifs, les considérant comme une sinistre cabale de spoilers intrigants, de malfaiteurs congénitaux, une cinquième colonne cosmopolites qui entravait les aspirations légitimes de la Hongrie en tant que fière et prospère nation chrétienne au coeur de l’Europe !

Chassé de son parti, il se fait circoncire et célèbre sa bar Mitswah.

La Bande-annonce de Keep Quiet le documentaire anglo-hongrois de Joseph Martin et Sam Blair :

Le documentaire :

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Avec le Rabbi Baruch Oberlander,  Hassid Loubavitch.

Un article du Jérusalem Post : http://www.jpost.com/Jerusalem-Report/A-whole-new-Jew-478706

VAYIGACH : au coeur de nos exils

 

Chagall

Marc Chagall, Joseph reconnu par ses frères

Cette Paracha est l’une des plus émouvantes de la Torah.

Voici donc les fils de Léa en fâcheuse posture. Benjamin a été pris la main dans le sac avec une coupe du vice-roi d’Egypte, Joseph, dans son sac. Les frères ont déchiré leurs vêtements en s’apercevant de ce dernier malheur qui les anéanti (Gn 41, 11). Un pur coup monté par Joseph.

« Le Midrach dit :

« Lorsque la coupe fut trouvée dans le sac de Benjamin, ses frères le frappèrent à l’épaule et lui dirent : Voleur, fils de voleuse ! tu nous fais honte comme ta mère a fait honte à notre père quand elle vola les pénates de Laban (Gn 31, 9 ) » (Midrach Haggadah et Tanhouma)

Le geste de déchirer ses vêtements est une sortie d’amnésie. La première fois qu’il est pratiqué dans la Torah c’est 22 ans plus tôt, lorsque Ruben le fils aîné de Jacob qui a sauvé Joseph en conseillant à ses frères de ne pas le tuer, retourna vers ses frères :

« Ruben revint à la citerne et voyant que Joseph n’y était plus, il déchira ses vêtements, et dit: « L’enfant n’y est plus et moi, où irai je? » » (Gn 37, 29-30)

C’est ensuite Jacob qui a déchiré ses vêtements en signe de deuil en apprenant la « mort » de Joseph dont les frères ont rapporté la tunique tachée de sang en guise de preuve.

« Et Jacob déchira ses vêtements et il mit un cilice sur ses reins et il porta longtemps le deuil de son fils. » (Gn 37, 40)

La déchirure est donc la trace mnésique de la mort de l’innocent. Les frères ont maintenant compris que le malheur qui les affecte est la récompense divine méritée de l’abandon de Joseph en esclavage vingt ans plus tôt. Juda va donc rappeler ce passé qui torture sa famille. Et c’est sur ce discours de Juda, qui n’imagine pas un seul instant s’adresser à une autre personne qu’à un haut fonctionnaire égyptien, que commence notre Sidra. Lire la suite de « VAYIGACH : au coeur de nos exils »

Lekha Dodi : « Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée »

Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, Le Chabbat paraît, allons le recevoir!

lekhad2« Observe » et « souviens-toi » (1), ces mots, le Dieu unique
Nous les fit entendre en une unique parole,
Le Seigneur est Un, Un est son Nom,
A Lui Honneur, Gloire, Louange!
Refrain : 
Viens, mon bien-aimé, au-devant de ta fiancée, 
Le Chabbat paraît, allons le recevoir!
Empressons-nous à la rencontre du Chabbat,
Il est la source de bénédiction,
Consacré dès les temps les plus lointains,
But de la Création dans la première pensée du Créateur…
(Refrain: Viens…) 
Sanctuaire du grand Roi, Ville Royale,
Debout, relève-toi de tes ruines !
Assez séjourné dans la vallée des pleurs :
Tu es Source des miséricordes du Dieu miséricordieux.
(Refrain: Viens…)
Secoue la poussière, debout !
Remets tes habits de fête, ô mon peuple.
Grâce au fils de Yichaï de Bethléhem,
Mon âme voit s’approcher d’elle le salut.
(Refrain: Viens…) 
Réveille-toi, réveille-toi,
Ta lumière brille, lève-toi, sois illuminée !
Courage, courage, entonne un cantique !
Sur toi resplendit la gloire du Seigneur.
(Refrain: Viens…)
Pour toi plus de honte, plus d’opprobre!
Pourquoi te troubler, pourquoi te tourmenter ?
Chez toi mon peuple, pour ses humbles enfants, trouvera un asile,
Et des ruines ressuscitera la Ville rebâtie.
(Refrain: Viens…)
Ceux qui l’ont dévastée, seront foulés aux pieds,
Et tous tes adversaires mis en fuite,
Ton Dieu mettra en toi sa joie,
Comme le fiancé dans sa fiancée.
(Refrain: Viens…)
Etends-toi à droite et à gauche,
Et glorifie le Seigneur,
Grâce à celui qu’on nomme le fils de Péretz (2)
Voici venir pour nous la joie et l’allégresse.
(Refrain: Viens…) 
Viens en paix, toi qui es la couronne de ton époux,
Viens dans la joie, dans la félicité,
Au milieu des fidèles du peuple élu,
Viens, ma fiancée, viens, ma fiancée!

  1. Voir Exode 20:8 et Deutéronome 5:12 et Talmud babli Chebhouôth 20 b.
  2. Le Messie, d’après Ruth 4:18-22.

Mikets : renoncer à la Toute-Puissance

Voici donc Joseph, « l’homme aux rêves » qui croupit depuis 12 ans au fond de sa prison. L’échanson de Pharaon dont il a interprété le rêve qui a conduit à sa libération il y a deux ans l’a oublié. Joseph a trente ans, son père Jacob cent vingt… il lui en reste encore vingt à vivre pour atteindre l’âge de son père Isaac : cent vingt ans (Gn 35, 28).

Tout semble perdu, sauf, que voilà c’est Pharaon lui-même qui se met à rêver…

Songe de Pharaon – Marc Chagall

Le rêve de Pharaon

« Après un intervalle de deux années, Pharaon eut un songe, où il se voyait debout au bord (al ayor) du fleuve » (Gn 41, 1)

En réalité comme le remarque le Midrach lisant rigoureusement le texte, Pharaon n’est pas au bord du Nil, mais sur le Nil.

« Pharaon eut un songe, il se tenait sur le Nil. Alors que les justes, Dieu se tient (mitqayem) sur eux, comme il est dit : ‘‘le Seigneur se tenait (nitsav) sur lui’’ (Gn 28, 13)» (Midrach Berchit Rabba)

Quand pharaon se prend à rêver il se voit « au-dessus de la vie » qui irrigue toute l’Egypte de ses alluvions fertiles, il la domine, il est divinisé.

La divinisation des rois, une coutume Perse qu’Alexandre le Grand va s’attribuer de son vivant (apothéose) au grand scandale de ses généraux qui devaient se prosterner devant lui à la manière d’un empereur oriental (proskynèse) est une coutume banale en Egypte où le monarque porte couronne, sceptre et coiffe, des attributs royaux mais aussi des dieux comme Atoum, Rê, Osiris ou Horus, considérés comme à l’origine du pouvoir royal et comme les premiers souverains de la vallée du Nil. Quand Pharason est « sur le Nil », il est donc au-dessus de l’origine de la vie comme le Dieu de Jacob était « au-dessus de l’échelle » où montaient et descendaient les anges. Bref, dans ses plus beaux rêves non seulement il côtoie le divin au coude à coude… mais tout simplement il est le divin.

La Torah va passer son temps à contester cette assimilation de Pharaon à la divinité du Nil qui abreuve et vivifie l’Egypte.

« Prononce ces paroles : Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici, je m’en prends à toi, Pharaon, roi d’Egypte, grand crocodile, couché au milieu de tes fleuves, toi qui dis: « Mon fleuve est à moi, c’est moi qui me le suis fait! »… Le pays d’Egypte deviendra une solitude et une ruine, et l’on saura que c’est moi l’Eternel parce qu’il a dit : « Le fleuve est à moi, et c’est moi qui l’ai fait. » » (Ez 29, 3.9)

Pharaon entre donc sur la scène de l’histoire juive par un rêve qui en fait le prototype des idolâtres. Pharaon est radicalement hétérogène à Israël comme l’huile et l’eau ne peuvent se mélanger. Joseph va vivre caché à son ombre, mais son successeur va bientôt s’opposer à Moïse comme Nimrod s’est opposé à Avram qui rejetait l’idolâtrie ambiante. Lire la suite de « Mikets : renoncer à la Toute-Puissance »

La lumière et l’ombre

Hanoukia

Le rabbin Akiva Posner a été le dernier rabbin de la communauté de Kiel en Allemagne. sa famille a quitté l’Allemagne en 1933 et est arrivée en Palestine en 1934.

En 1932, juste avant l’arrivée au pouvoir d’Hitler, Rachel Posner, son épouse, a pris une photo du chandelier, posé, comme c’est la coutume, sur le rebord de la fenêtre  de son appartement. En face, un bâtiment arborant les drapeaux nazis à la croix gammée.

Cette photo est à Yad Vashem.

Au dos de la photo, elle a  écrit en allemand :

“Hanukkah 5692,

Mort au peuple juif

dit la bannière.

Vive le peuple juif !

crie la lumière.”

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Chaque jour nous allumons pour que la lumière monte un peu plus en nous !

HAG AHOUKA SAMEAH ! LA LUMIERE EN VOUS !

Hanouka-Meïr Long

Rav Aaron Yehouda Leib Steinman (ZAL)

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Alors que commence ce soir Hanouka, la fête des Lumières, le Rav Aaron Yehouda Leib Steinman (ZAL) est décédé mardi matin 12 décembre, à l’âge de 104 ans. Il était l’une des plus hautes sommités en Torah du monde non hassidique, le Rav de Bnei Brak.

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Cet homme immense était un humble. Il vivait au premier étage de cette  toute petite maison (la seconde sur la photo) comme me l’a montré mon ami Jérémie Berrebi (photos). Toute une leçon de vie sur ce qu’est être un « grand » !

Quelques versets du psaume 139 en son honneur :

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ח  אִם אֶסַּק שָׁמַיִם, שָׁם אָתָּה;    וְאַצִּיעָה שְּׁאוֹל הִנֶּךָּ. 8 Si j’escalade les cieux, Tu es là, si je fais du Cheol ma couche, Te voici !
ט  אֶשָּׂא כַנְפֵי-שָׁחַר;    אֶשְׁכְּנָה, בְּאַחֲרִית יָם. 9 Quand je m’élèverais sur les ailes de l’aurore, pour voler aux confins des mers,
י  גַּם-שָׁם, יָדְךָ תַנְחֵנִי;    וְתֹאחֲזֵנִי יְמִינֶךָ. 10 là aussi Ta main me guiderait, et Ta droite me saisirait.
יא  וָאֹמַר, אַךְ-חֹשֶׁךְ יְשׁוּפֵנִי;    וְלַיְלָה, אוֹר בַּעֲדֵנִי. 11 Si je dis: « Que du moins les ténèbres m’enveloppent, que la lumière du jour se change en nuit pour moi ! »
יב  גַּם-חֹשֶׁךְ,    לֹא-יַחְשִׁיךְ מִמֶּךָּ:
וְלַיְלָה, כַּיּוֹם יָאִיר–    כַּחֲשֵׁיכָה, כָּאוֹרָה.
12 Les ténèbres pour Toi ne sont pas ténèbres , et la nuit comme le jour est lumière; l’obscurité est clarté pour Toi.
יג  כִּי-אַתָּה, קָנִיתָ כִלְיֹתָי;    תְּסֻכֵּנִי, בְּבֶטֶן אִמִּי. 13 Car c’est Toi qui as façonné mes reins, tu m’as pétri dés le sein de ma mère.
יד  אוֹדְךָ–    עַל כִּי נוֹרָאוֹת, נִפְלֵיתִי:
נִפְלָאִים מַעֲשֶׂיךָ;    וְנַפְשִׁי, יֹדַעַת מְאֹד.
14 Je te rends grâce de m’avoir si merveilleusement distingué; Tes œuvres sont prodigieuses, toute mon âme le sait.
טו  לֹא-נִכְחַד עָצְמִי,    מִמֶּךָּ:
אֲשֶׁר-עֻשֵּׂיתִי בַסֵּתֶר;    רֻקַּמְתִּי, בְּתַחְתִּיּוֹת אָרֶץ.
15 Mon être n’échappa point à Tes regards, quand je fus formé dans le mystère, artistement organisé aux profondeurs de la terre.
טז  גָּלְמִי, רָאוּ עֵינֶיךָ,    וְעַל-סִפְרְךָ, כֻּלָּם יִכָּתֵבוּ:
יָמִים יֻצָּרוּ;    ולא (וְלוֹ) אֶחָד בָּהֶם.
16 Tes yeux me voyaient, quand j’étais une masse informe (golem), et sur Ton livre tous mes jours étaient inscrits avant qu’un seul ne soit.

Voici son testament (à méditer)  :

  1.  Je demande instamment de ne pas prononcer d’éloge funèbre (Hesped) devant moi, de ne faire aucun rassemblement quelconque ou autre cérémonie allant dans ce sens.
  2. N’écrivez aucun article sur moi dans les journaux, hebdomadaires ou mensuels, ma photo suffira, pas comme on l’habitude de faire.
  3. Ne pas publier de publicités sur les funérailles, ne pas annoncer par haut-parleur ou à la radio, il suffit qu’il y ait dix personnes.
  4.  Si possible, pas d’intervalle trop long entre le moment de ma mort et l’enterrement, que l’enterrement puisse se faire si possible le plus vite après ma mort.
  5.  Je souhaite être enterré parmi les simples gens.
  6. N’écrire, sur la pierre tombale, rien d’autre que : « Ici est enterré Rav Aaron Yehuda Leib Ben Ha RavNoah Tsvi Steinmann »
  7. Cette pierre tombale sera la moins chère et la plus simple possible. Dommage de gaspiller de l’argent pour acheter une place dans le cimetière qui coûterait cher, mais celui qui voudrait donner de la Tsédaka (pas pour la pierre tombale) pourra le faire.
  8. En dehors des jours spéciaux où l’on a la coutume de le faire : semaine, mois et fin de l’année, éviter de perdre du temps à se rendre au cimetière et privilégier l’étude de la Torah ou s’empêcher de dire des paroles futiles.
  9. Si la recherche d’un endroit pour prier comme Hazan entraîne une diminution de l’étude de la Torah, il est bien plus important d’étudier pour le Nom de D.ieu.
  10.  Je demanderai à tous ceux qui veulent mon bien d’étudier chaque jour un chapitre de Michna jusqu’à la fin des 12 mois et les filles liront chaque jour dix Psaumes, y compris le Chabat et Yom Tov.
  11. Je demande de ne pas m’appeler par des qualificatifs tels que « Tsadik » ou « Craignant D.ieu » afin de ne pas être humilié à cause de cela dans le Monde de Vérité.
  12. Je demande pardon à tous ceux à qui j’ai fait du mal et à qui je dois de l’argent, on sait que d’après la Loi, cette personne pourra le réclamer devant un Tribunal rabbinique.

 

Vayechev : au bout de nos rêves

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Le violoncelliste, Marc Chagall

La paracha Vayéchev commence en disant :

« Voici l’histoire de la descendance de Jacob. Joseph, âgé de dix-sept ans, menait paître les brebis avec ses frères. » (Gn 37, 2).

Pourquoi les toledot, les descendants de Jacob ces 12 fils de Jacob et Léa qui constitueront les 12 tribus d’Israël ne sont pas nommés mais seulement le fils de Rachel : Joseph ? Le nom de Jacob est intimement lié à celui de Joseph contrairement aux autres enfants. Parce que Joseph va reprendre l’héritage de Jacob.

Joseph : maassé Avot Siman Lévanim

On a le sentiment que toute l’histoire de Jacob se résume en Joseph. C’est donc, pour souligner le rôle particulier qui incombera à Joseph dans la mission patriarcale.

Le Zohar dit joliment :

« C’est après que Joseph s’unit à Jacob que sa race commença à porter des fruits ; le soleil était uni à la lune. C’est pourquoi la Torah dit : ‘‘Voici l’histoire de la descendance de Jacob : Joseph, etc.’‘ Parce que tous les fruits qu’avait porté cet arbre étaient dus à l’union de Jacob avec Joseph. Le fleuve céleste dont les eaux ne tarissent jamais, charrie les âmes, en ce bas monde. Mais le soleil seul ne suffit pas pour faire porter des fruits à la terre ; Il faut encore l’intervention du degré appelé le ‘‘ juste’’. Le soleil, même approché de la lune, ne saurait porter des fruits. Aussi fallait-il que Joseph, qui est du degré appelé ‘‘Juste ‘‘s’unit à Jacob pour que sa race porta des fruits » ( Zohar Vayéchèv.)

Pour expliquer pourquoi la généalogie de Jacob succède immédiatement à celle d’Esaü, le Midrach dit (entre autres !) :

« Dieu rassura le patriarche effrayé par toute cette liste des princes édomites s’étalant sur un chapitre entier (Cf. Gn 36) et lui promit qu’une seule étincelle à lui et une autre à son fils Joseph suffiront pour détruire toute cette grandeur illusoire. Comme il est écrit (Ovadia 1, 18) : ‘‘La maison de Jacob sera un brin de chaume : ils le brûleront, ils le dévoreront, et rien ne survivra de la maison d’Esaü – L’Eternel l’a dit » (Midrach Tanhouma Berechit Rabba)

Le sort de Jacob se trouve donc dès le début associé à Joseph : Jacob a travaillé sept ans supplémentaires chez Laban pour avoir Rachel pour épouse qui lui donnera le fils bien aimé qu’il attendait. L’un et l’autre furent voués à la haine de frères envieux qui les obligèrent à s’expatrier. (Midrach Rabba) Lire la suite de « Vayechev : au bout de nos rêves »

VAYICHLAH, LE COMBAT AVEC SOI-MEME

Le commentaire de la Paracha inspiré de l’enseignement du Rav Haïm Harboun et de mon étude.

Combat de Jacob

Une leçon de psychologie moderne

À nouveau cette Paracha est un remarquable monument de psychologie. C’est la plus longue de l’année et on y trouve une immense série de noms. On sait que Jacob qui y devient Israël est le prototype de la figure du juif et d’Israël.

Cette sidra nous livre avec force détails la rencontre de Jacob avec Esaü. Jacon l’a perdu de vue depuis 36 ans : 20 années passées chez Laban, 14 à la yéchiva de Ever (Midrach) et deux années sur le chemin du retour. Jacob n’a pas oublié la violence structurelle de son frère, alors lui envoie des messagers pour calmer sa colère et lui prouver que les clauses de la bénédiction paternelle -source de la haine d’Esaü – ne se sont pas réalisées. La colère d’Esaü ne se justifie donc plus.

Mais Jacob qui fuit devant Ésaü a non seulement peur (Vayira Yaakov meod) mais, plus grave, il est angoissé (vayétser lo) nous dit la Paracha. (Gn 32, 8)

Pourquoi ce yétser ? Pour le Midrach c’est le manque de foi en Dieu qui conduit à la peur :

Pinhas ouvrit[1] [sa leçon] au nom de R. Réouven : ‘‘ Fie-toi au Seigneur de tout ton cœur ’’ (Prov 3, 5). Ils sont deux qui bien que le Saint béni-soit-Il les eût assuré de sons secours eurent peur ; l’élu des patriarches et l’élu des prophètes. L’élu des patriarches, Jacob ‘‘ Car le Seigneur s’est choisi Jacob, Israël, pour qu’il lui appartienne’’ (Ps 135, 4). Or le Saint béni-soit-Il lui dit : ‘‘Je suis toujours avec toi’’ (Gn 28, 15). Pourtant il eut peur : ‘‘ Le Seigneur dit à Moïse : Ne crains pas Og [le roi de Basan] car il est dans tes mains’’ (Nb 21, 34). S’il dit : Ne crains point c’est qu’il eut peur de lui. (Midrach Rabba sur Gn 32, 8)

Pourquoi ce yétser ? Parce qu’il se rappelle de la parole d’Esaü : veaarga et yaakov ari « Je tuerai Jacob mon frère ! ». Que reproche Ésaü le Jacob ? De lui avoir volé deux choses : son droit d’ainesse et la bénédiction de son père. Cette bénédiction ce n’est pas seulement une simple formule, la bénédiction dans le monde juif constitue l’héritage. Cette berakha est bekhora (droit d’aînesse et héritage). Pour un plat de lentilles Ésaü a perdu son droit d’ainesse et la bénédiction constituée d’une double part d’héritage pour l’ainé vis-à-vis du cadet. Esaü est cet l’homme qui vit dans l’instant, qui vend tous ses droits pour un plat de lentilles et qui comprend les conséquences de sa parole et de ses actes des années plus tard. Lire la suite de « VAYICHLAH, LE COMBAT AVEC SOI-MEME »

VAYETSE, le rêve de Jacob : « Ma’aseh avot siman levanim »

Un commentaire librement inspiré de l’enseignement du Rav Haïm Harboun et de mon étude.

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Marc Chagall, l’échelle de Jacob

Jacob est le prototype du juif en fuite et insécurisé comme nous l’avons été pendant des siècles, ce qui forme une partie de notre héritage psychique. Jacob c’est nous. Dans cette Paracha Jacob est en fuite car son frère Esaü veut le tuer. Au cours de son voyage vers Harran, à la frontière de la Syrie et de l’Irak, Jacob s’arrête et passe la nuit à Béthel.

Un soir

« Jacob sortit de Beer Chéva et se dirigea vers Haran. Il arriva dans un endroit où il établit son gîte, parce que le soleil était couché. » (Gn 28, 10-11)

Jacob quitte donc Béer-Chéva, pour se rendre à Haran sur les recommandations de ses parents. Tout en marchant, il constate que la nuit tombe et décide de dormir dans un lieu, où la Providence était présente. Pourquoi mentionner qu’il quitte Béér Chéva ? Il aurait suffi de dire que Jacob partait à Haran ? Rachi répond ;

C’est pour nous apprendre que le départ d’un juste fait impression dans l’endroit qu’il quitte. Aussi longtemps que le juste se trouve dans une ville, c’est lui qui en est la beauté, c’est lui qui en est l’éclat, c’est lui qui en est la majesté. Lorsqu’il la quitte, finie sa beauté, fini son éclat, finie sa majesté, comme dans : « elle sortit de l’endroit » (Ruth 1, 7) à propos de Noémie et Ruth (Beréchith rabba 68, 6).

Quel est ce Maqom, cet « endroit » ? Rachi à la suite de nos sages (TB Houlin 91b) nous révèle que ce n’est autre que le mont Moriah ; cet « endroit » qu’Abraham « vit de loi » (Gn 22, 4) et où Isaac le père de Jacob a bien failli perdre sa vie et qui sera bientôt le lieu du Temple. On comprend que cet endroit devienne un lieu où s’éveille la mémoire du rêve. Jacob comprendra la sainteté de ce lieu à son réveil, il est pris de peur et s’exclame : « Combien ce lieu est redoutable ! Ceci n’est autre que la maison de Dieu et la porte du ciel » (Gn 28, 17).

Le rôle du rêve

Si l’on en croit le Midrach, c’est la première fois que Jacob dort depuis… 14 ans :

« Ya’akov n’a dormi qu’en ce lieu, mais pendant les quatorze ans qu’il passa dans la maison d’étude de Chem et Ever il n’a jamais dormi » (Béréchith Rabah 68,11)

Cette longue méditation va lui permettre de vivre encore 14 ans (7 après avoir épousé Léa et encore 7 ans après avoir épousé Rachel) en milieu païen hostile de Canaan, chez son beau-père Laban.

Pour le Talmud l’homme qui ne rêve pas est un homme malade. Lire la suite de « VAYETSE, le rêve de Jacob : « Ma’aseh avot siman levanim » »