Hiloula de Rabbi Méir baal Haness, 14 Iyar 5776, 22 mai 2016

Tombe de Rabbi Méïr au bord du Lac de Tibériade
Tombe de Rabbi Méïr au bord du Lac de Tibériade

Rabbi Meïr (רבי מאיר)

Rabbi Méïr est un des docteurs de la Mishna les plus éminents de la quatrième génération (second siècle). Grande figure spirituelle après la révolte de Bar Kokhba (132-135). On le nomme également Meïr baal Haness (le maître du miracle). Rabbi Méïr était fils de convertis, comme le furent aussi Chmaya et Avtalion, ainsi que Rabbi Akiva son maître. Il fut le témoin de l’assassinat et du martyre des justes de son temps. Il  vit les romains lacérer le corps de son maître Rabbi Akiba avec des peignes de fer ; comment Yéhouda Ben Bara  fut tué, comment Rabbi Hananya Ben Téradion fut condamné par les romains à être brûlé vif. Berouria, fille ainée de Rabbi Hananya Ben Téradion devint la femme de Rabbi Méir. Elle est présentée par le Talmud comme une femme savante assise au milieu des Sages. Lire la suite de « Hiloula de Rabbi Méir baal Haness, 14 Iyar 5776, 22 mai 2016 »

Chateaubriand : « Itinéraire de Paris à Jérusalem »

im eshkakhekh Yéroushalaïm

im eshkakhekh Yéroushalaïm, « Jérusalem si je t’oublie » -Théhilim 137)

ה  אִם-אֶשְׁכָּחֵךְ יְרוּשָׁלִָם–    תִּשְׁכַּח יְמִינִי. Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite m’oublie !
ו  תִּדְבַּק-לְשׁוֹנִי, לְחִכִּי–    אִם-לֹא אֶזְכְּרֵכִי:
אִם-לֹא אַעֲלֶה, אֶת-יְרוּשָׁלִַם–    עַל, רֹאשׁ שִׂמְחָתִי.
6 Que ma langue s’attache à mon palais, si je perds ton souvenir, si je ne place Jérusalem au sommet de ma joie !

Chateaubriand,  Itinéraire de Paris à Jérusalem, 1802  :

« Tandis que la nouvelle Jérusalem sort ainsi du désert, brillante de clarté, jetez les yeux entre la montagne de Sion et le Temple ; voyez cet autre petit peuple qui vit séparé du reste des habitants de la cité. Objet particulier de tous les mépris, il baisse la tête sans se plaindre; il souffre toutes les avanies sans demander justice ; il se laisse accabler de coups sans soupirer; on lui demande sa tête: il la présente au cimeterre. Si quelque membre de cette société proscrite vient à mourir, son compagnon ira, pendant la nuit, l’enterrer furtivement dans la vallée de Josaphat, à l’ombre du temple de Salomon. Lire la suite de « Chateaubriand : « Itinéraire de Paris à Jérusalem » »

Mémoires juive de Corse, Conférence de Didier Long à l’Institute for Sefardi and anousim studies à Netanya (Israël)

L’Institut d’Etudes des Séfarades et Anousim  ( ISAS ) au Collège académique de Nétanya en Israël a été créé en réponse à l’incroyable phénomène des descendants des convertis de force (Anousim) en Espagne et au Portugal au Moyen-Age pour répondre au réveil de leur mémoire juive.

Salomon Buzaglo son directeur nous y a accueillis :

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L’ ISAS encourage la recherche sur le développement historique et contemporain des crypto- juifs d’origine ibérique, ainsi que d’autres groupes tels que le Mashadis d’Iran. De multiples séminaires , cours et conférences permettent de sensibiliser le public à ce phénomène et ses ramifications contemporaines en Israël et dans le monde entier. Comme ce congrès mondial en Floride en septembre : Congres

L’ISAS offre également son aide à ceux qui recherchent la confirmation de leur ascendance juive par la recherche généalogique. Il est aussi composé d’une bibliothèque de recherche, d’une unité de généalogie.

Le centre authentifie en lien avec la Knesset et le gouvernement espagnol les hispano-portuguais pouvant prétender à la nationailté espagnole. En effet une liste de 5 200 noms juifs hispano-portugais expulsés de la péninsule ibérique en 1492 a été publiée en 2004 par le gouvernement espagnol. Ces patronymes séfarades, en vertu d’une loi votée en 2014, sont aujourd’hui éligibles à la nationalité espagnole.

Quelques articles dans la presse israélienne sur l’activité de Institut  :

Sur la piste des Cédrats juifs en Corse, dans « Mémoires juives de Corse »

Chaque Automne ma grand-mère m’envoyait un gros cédrat confit de chez Mattéi à Bastia… c’est sur cette « madeleine de Proust » que commence mon livre qui vient de paraître : Mémoires juives de Corse. J’ai remonté la piste de ces cédrats jusqu’au XVème siècle ! … quelques indices :

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En 1875 des maîtres reconnus et très respectés du judaïsme de Lituanie, avec à leur tête Rav Kovna, Rav Yits’haq El’hanan Spector, ainsi que le Rav Israël Salanter et Rav Chlomo Kluger,  ont interdit l’utilisation des éthroguim (cédrats) de Corfoue pour encourager ceux de Corse qui étaient cashers car non gréffés [ Source : Information issue de la revue « Kountrass » de Jérusalem, n°116 du 15 juin 2013. Juifs et Corses, frères d’arme ? pg. 29.] C’est en fournissant tout le monde ashkénaze que la Corse est devenue au XIXè siècle (1863) le plus gros fournisseur de cédrats du monde.

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Le loulav bouquet de Souccot, composé de quatres epèces végétales : le cédrat -etrog; la myrte-hadass, le saule-arava.

Les Vittime sont les cédrats-étroguim de Corse. Dans Histoire illustrée de la Corse : contenant environ trois cents dessins représentant divers sujets de géographie et d’histoire naturelle, les costumes anciens et modernes, les usages, les superstitions, les vues des paysages et des monuments, les plans des golfes, des anses et des ports… des vignettes de faits historiques et les portraits des hommes célèbres avec leurs biographies, paru en 1863, l’abbé Jean-Ange Galletti  nous rapporte la visite d’un rabbin de Francfort en Corse venu vérifier leur casheroute.

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cédrat confit

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Avec Benny Sabbagh petit fils du rabbin Méir Tolédano qui fut le rabbin de la Beit Knesset Beit Méir à Bastia (en couverture de mon livre)  pendant 50 ans.

Mémoires juives de Corse

Beth Knesset Meir

 

Kedochim : « Ne suis pas le troupeau ! Aime ton prochain comme toi-même ! »

La derasha du rabbin Harboun à Chabbat et quelques recherches…

Qu’est-ce qu’un juif ? Quelqu’un qui ne suit pas le troupeau !

kadoshLa Paracha de Kédochim résume la vie juive. Sur 63 traités du Talmud 43 lui sont consacrées. Elle commence par la phrase fameuse : Veamarta Kedochim tiyou

« Parle à toute la communauté des enfants d’Israël et dis-leur: Soyez saints! Car je suis saint, moi l’Éternel. » (Lv 19, 2)

Et la Paracha continue Veitkadochetem viitem:

« Sanctifiez-vous et soyez saints, car je suis l’Éternel votre Dieu. » (Lv 20, 7)

Puis Ani Adonaï Mekadisherem :

« Observez mes lois et les exécutez: je suis l’Éternel qui vous sanctifie. » (Lv 20,8)

Et la Paracha se conclut ainsi Vieytem li kédochim :

« Soyez saints pour moi, car je suis saint, moi l’Éternel, et je vous ai séparés d’avec les peuples pour que vous soyez à moi. » (Lv 20, 26)

Lire la suite de « Kedochim : « Ne suis pas le troupeau ! Aime ton prochain comme toi-même ! » »

« Juifs réfugiés en Corse pendant la première guerre mondiale », l’Expo à Bastia

Une très bonne nouvelle, en septembre aura lieu à Bastia une exposition créée par le Centre Edmond Fleg à Marseille, et plus exactement par Martine Yana et ses équipes, sur les :

« Juifs réfugiés en Corse
pendant la première guerre mondiale »

 

Affiche

La Mairie de Bastia, en la personne de M. de Philippe PERETTI, adjoint au Maire, Délégué à la valorisation du Patrimoine , a donné son accord pour cette exposition, qui retrace une partie de l’histoire de l’île et de Bastia où la communauté juive est encore présente. La communauté israélite de Bastia et des juifs de la « diaspora » corse (Guy et Benny Sabbagh) participent à cette exposition. La Maison de la Corse à Marseille a donné un sérieux coup de main.

Cette exposition montre, s’il le fallait, les liens profonds entre les peuples Corse et Juif. Comment, en 1915, sont arrivée à Ajaccio 740 juifs syriens, vêtus à l’oriental, dont une partie a rejoint Bastia. Ces « syriens » juifs en fuite, chassés par les Turcs en Terre d’Israël à Tibériade, expulsés par les grecs de la Canée en Crète où ils avaient trouvé refuge au bout de 6 mois , ont été accueillis avec sollicitude par les Corse à Ajaccio puis à Bastia.

On remarque d’émouvants témoignages de la solidarité et de l’hospitalité corse qui n’ont rien de « légendaires ». Comme ces fiches de paie des instituteurs d’Ajaccio qui ont pris sur leurs salaires pour vêtir des enfants, des femmes et des hommes. Ces femmes et ces hommes ont immédiatement créé une école pour les enfants (photo), appris la langue Corse en plus du judéo-arabe et de l’hébreu !… En un an ils s’étaient tous trouvé un travail, et se sont fondus dans la population. Juifs et Corses à la fois.

Tout cela n’était que la préfiguration du fait bien connu que la Corse, pendant la seconde guerre mondiale et c’est le seul département français à avoir agi ainsi, de concert avec le peuple, le préfet de l’époque et les autorités de l’île ont désobéi aux ordres venus de Vichy… et n’ont pas « donné » les juifs promis aux camps, aux nazis. Les « syriens » en vadrouille en méditerranée… étaient alors devenus des « touristes » munis de vrais faux-papiers !

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La femme du préfet et les dames de la société ajaccienne offrant des habits aux réfugiés « syriens », à gauche un rabbin en habit oriental

 

Télégramme

L’Exposition est prévue au Péristyle du Théâtre municipal. La Soirée d’inauguration aura lieu en septembre à Bastia -horaire à venir.

Saluti fraterni.

Articles connexes :

 

 

 

« Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples »

Concernant le conflit Israélo-palestinien ce qui me frappe beaucoup c’est qu’on est de plus dans un débat de storytelling entre un pseudo-« monde occidental », un peudo-Israël et un pseudo monde arabe essentialisés avec des vues d’avion (au mieux). Comme disait De Gaulle : « Vers l’Orient compliqué, je volais avec des idées simples ».

Au fond, il assez difficile de « résoudre » une guerre à distance à partir de positions idéologiques avec pour objectif de résoudre des conflits intérieurs français liés à l’immigration et au ressentiment d’une colonisation mal digérée. Les grands vues à distance de la France qui résoudrait le conflit sans Israël, les manips de l’Unesco, etc… La plupart des commentateurs en Europe courent après des chiffons rouges, discutant à perte de vue sans souci de la réalité et… sans jamais avoir mis les pieds dans le West Bank ! Si l’Europe avait déjà le courage d’affronter ses propres problèmes !

Les meilleures tentatives faites ces dernières années sont celles qui ont essayé de financer un décollage économique du West Bank qui permettrait l’émergence d’une classe moyenne modérée en évitant que les aides partent en corruption. Rien de gagné.

Quelques photos que j’ai faites à Hébron, Ramallah et au chek point de Kalandia : les 4 x 4 de l’Europe qui abreuve Ramallah comme une manne, le Check Point névralgique de Kalandia, les toits d’Hébron… J’ai au moins guéri d’une illusion là-bas, celle de donner des leçons et de résoudre les conflits du Moyen Orient à distance.

Un reportage à voir :

 

« Mémoires juives de Corse »: le 13 mai chez tous les bons libraires ! en précommande

C’est toujours un bonheur d’avoir le livre qu’on a écrit en main : Merci à Emmanuel Lemieux, mon éditeur !
Mémoires juives de Corse

NB : c’est le premier livre de la Collection Religion(s).
En septembre y paraîtra : « Du Mellah à la Sorbonne » par le Rav Haïm Harboun !

En librairie le 13 mai et en précommande chez l’éditeur >>> ici 

La rosa enflorece en el mes de mayo, La rose fleurit en mai

Un très beau chant juif espagnol du XIV siècle en ladino. Raiz de son vrai nom Gennaro Della Volpe est né à Naples en 1967, le Radicanto est un groupe musical italien, dont le nom contient « les racines » et « le chant ». Cette production a été présentée au Festival de la littérature juive de Rome en 2013 en collaboration avec le journaliste Roberto Saviano.

Ladino (Judéo-espagnol)

La Rosa Enflorece

La rosa enflorece, en el mes de mayo

Mi alma s’escurece, sufriendo de amor

Sufriendo de amor

Los bilbílicos cantan, suspirando el amor

Y la pasión me mata, muchigua mi dolor

Muchigua mi dolor

Más presto ven palomba,

más presto ven a mí

Más presto tú mi alma, que yo me voy morir

Que yo me voy morir

La rosa enflorece, en el mes de mayo

Mi alma s’escurece, sufriendo de amor

Sufriendo de amor

Sufriendo de amor

La rose fleurit

La rose fleurit au mois de mai,

Mon âme s’obscurcit, elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour.

Le rossignol chante, et soupire d’amour,

La passion me tue, ma douleur redouble

Ma douleur redouble.

Viens plus vite, ma colombe,

Plus vite viens à moi,

Plus vite toi mon âme, car je me sens mourir

car je me sens

mourir.

La rose fleurit au mois de mai,

Mon âme s’obscurcit, elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour

Elle souffre d’amour

 

Catégories Art

Les fouilles sous le Temple de Jérusalem

Hier, on a dit dans la liturgie du 8ème jour de Pessah à Chabbat :

Ra’hèm al tsion ki hi bét hayénou vela’alouvat néfèche tochia bimhéra veyaménou. Baroukh ata Adonaï, méssaméa’h tsion bevanéha

« Seigneur aie pitié de Sion ; c’est notre vie, notre espoir. Viens au secours de ceux dont l’âme est brisée. Soit loué, Eternel qui réjouira Sion par ses enfants. »

Voilà ce que j’ai éprouvé ce lundi dernier avant Pessah en visitant le tunnel sous le Kotel (improprement appelé « mur des Lamentations »).

 

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Le tunnel sous le Kotel

A elle seule cette visite est un véritable enseignement de ce que fut Pessah et la foi du peuple juif à l’époque du second Temple, c’est-à-dire au tournant de notre ère. Hérode (mort en -4) a reconstruit le Temple ‘ces travaux ont continué jusque dans les années 40 de notre ère) et a agrandi l’esplanade du Mont du Temple. Avant que les troupes de Titus ne le rasent lors de la première guerre judéo romaine (65-70) et qu’Hadrien ne rase complètement Jérusalem en 135 à la fin de la seconde guerre judéo-romaine. Il y établit alors le culte de Jupiter du Capitole avec interdiction aux juifs d’entrer dans la ville renommée Aelia Capitolina.

On déambule sous terre par un dédale de tunnels de pierre et d’escalier en acier, c’est très impressionnant.

En descendant on atteint la couche la plus profonde du Mur Occidental. De l’extérieur, Le Kotel, ou Mur Occidental à l’air libre, mesure à peine 62 mètres de longueur.

On découvre alors une pierre extraordinaire aux dimensions impressionnantes. Elle mesure de 13,6 mètres de long, 3,3 mètres de hauteur et 4, 5 m de profondeur, d’un seul bloc. Il faut beaucoup d’imagination pour comprendre comment ce bloc de 550 tonnes est arrivé ici (photo).

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On comprend alors pourquoi le Temple de Jérusalem était une des sept merveilles du monde. Les juifs de la diaspora montaient du monde entier pour les fêtes. Ils venaient de Rome, d’Asie Mineure, d’Egypte, d’Afrique proconsulaire, de Syrie, de Babylonie : ils traversaient les déserts de Perse infestés de brigands avec l’impôt levé pour le Temple (1/2 schekel par personne) qui permettait de recenser les juifs du monde entier. A la synagogue des affranchis on parlait grec dans ce monde araméanophone.

 

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