« Appelez la paix sur Jérusalem ! », CONGRES SCHIBBOLETH : « SI C’ÉTAIT JÉRUSALEM » :

JerusalemL’actualité, faite tant des attaques terroristes en Israël et en particulier à Jérusalem que du « traitement » de cette réalité par les acteurs médiatiques occidentaux, confirme plus que jamais l’importance de la tenue du grand colloque à Jérusalem sur Jérusalem qu’organise l’association  Schibboleth de mon ami Michel Gad WOLKOWICZ et qui a pour titre  : SI C’ÉTAIT JÉRUSALEM . DU 18 au 20 avril 2016.

Ce congés est dédié à la  mémoire et en hommage à RAPHAËL DRAÏ  et BENJAMIN GROSS. Zal. Que leur souvenir soit objet de bénédiction.

Il y a dans cette ville beaucoup de gens de paix qui étudient et réfléchissent. Mais ça on le dit peu.

 » La  Maison  de  Sainteté  bâtie  par  Salomon  atteste  de  ce  projet.  Elle  est  sise  sur  un  mont  qui  n’est  pas seulement une éminence topographique mais, Site du Nom et Site de l’étranger, de ce point de vue, un des plus hauts lieux de l’Humain. » 

Voici le programme.

J’y participerai avec une réflexion sur le psaume 122 : Shalou shelom Yeroushalaim « Appelez la  paix sur Jérusalem ».

Venez. Transmettez. Parlez en à vos amis !

Un programme plus que d’actualité. Le programme et les intervenants en PDF :

Si c’était Jérusalem

If it was Jerusalem

 » Le titre Si c’était Jerusalem est venu comme un conte, un reste diurne, résonant avec «L’an prochain à Jerusalem» et «Si je t’oublie Jerusalem» entendus et psalmodiés depuis l’enfance d’un certain nombre d’entre nous.  Entre rêve et réalité (s), entre idéal du moi et surmoi, entre présence-absence, entre symbole et symptôme, lieu transcendant du primat de l’Autre, du nom, site de l’interprétation et du langage, ou au contraire objet d’envie mimétique et d’identifications projectives massives, Jérusalem actualise un enjeu imaginaire et symbolique fondamental. Ce Colloque International à Jérusalem sur Jérusalem, aujourd’hui, se propose de remettre à l’œuvre des questions essentielles, comment se constituent un peuple et une identité intérieure, avec l’intériorisation du grand homme en grande idée, comment se construisent un récit et une vérité historique, le sujet politique et un certain rapport à la Loi et à l’indéfini de la pensée, l’origine d’une décision d’éthique, l’élection-élévation de l’esprit, la responsabilité individuelle et collective de pensée et d’action, l’assomption de l’universel du singulier producteur de subjectivation, et les modalités de transmission ? « 

« Raphaël (Draï) écrivait que Le peuple réputé fossile était surtout demeuré le peuple témoin, que Sion est un nom hébreu  qui  veut  dire  le  Signe,  le  repère  et  la  note,  et  qui,  comme  Bethléhem,  comme  Hébron,  comme Yeroushalaïm, désigne le vivant. »

Ma prière : « Que la paix règne dans tes murs, la sécurité dans tes palais! » (Psaume 122)

Yehi shalom B’khelekh, Shalva B’harmenotayikh

ו  שַׁאֲלוּ, שְׁלוֹם יְרוּשָׁלִָם;    יִשְׁלָיוּ, אֹהֲבָיִךְ. 6 Appelez le shalom sur Jérusalem: « Qu’ils soient heureux ceux qui t’aiment! »
ז  יְהִי-שָׁלוֹם בְּחֵילֵךְ;    שַׁלְוָה, בְּאַרְמְנוֹתָיִךְ. 7 Que la paix règne dans tes murs, la sécurité dans tes palais!
ח  לְמַעַן, אַחַי וְרֵעָי–    אֲדַבְּרָה-נָּא שָׁלוֹם בָּךְ. 8 Pour mes frères et mes amis, je t’offre tous mes vœux de bonheur.
ט  לְמַעַן, בֵּית-יְהוָה אֱלֹהֵינוּ–    אֲבַקְשָׁה טוֹב לָךְ. 9 Pour l’amour de la maison de l’Eternel, notre Dieu, je te souhaite pleine prospérité.

« La Synagogue », Guillaume Apollinaire

Guillaume_Apollinaire_-_Calligramme_-_Poème_du_9_février_1915_-_Reconnais-toi

Wilhelm Albert Wlodzimierz Apolinary de Was de Kostrowitsky, dit Guillaume Apollinaire, né sujet polonais de l’Empire russe en 1880 de mère polonaise et de père inconnu et mort pour la France en 1918, portait en lui l’amour d’Israël au point d’en étudier l’hébreu et d’aimer une femme juive, « elle avait des yeux israélites » écrit-il. Apollinaire connaissait bien les Juifs. Il fut séduit par leur étrangeté : Julien Weil demeura le fidèle compagnon de la mère du poète. Il s’occupa de Guillaume et de son frère. Puis il rencontra, l’érudit Molina da Silva, le père de Linda, une amour de jeunesse qui l’initia à l’hébreu et à la pensée juive. Ensuite, Apollinaire étudia la préface que Moïse Schwab fit pour la traduction française du Talmud de Jérusalem. Il s’intéressa à la Kabbale comme son ami, le poète juif Max Jacob. Dans « Le Passant de Prague », paru dans La Revue Blanche, en 1902 on lit : « J’aime les juifs car tous les juifs souffrent partout ». Voici son poème « LA SYNAGOGUE » :

Ottomar Scholem et Abraham Loeweren
Coiffés de feutres verts le matin du sabbat
Vont à la synagogue en longeant le Rhin
Et les coteaux où les vignes rougissent là-bas

Ils se disputent et crient des choses qu’on ose à peine traduire
Bâtard conçu pendant les règles ou Que le diable entre dans ton père
Le vieux Rhin soulève sa face ruisselante et se détourne pour sourire
Ottomar Scholem et Abraham Loeweren sont en colère

Parce que pendant le sabbat on ne doit pas fumer
Tandis que les chrétiens passent avec des cigares allumés
Et parce qu’Ottomar et Abraham aiment tous deux
Lia aux yeux de brebis et dont le ventre avance un peu

Pourtant tout à l’heure dans la synagogue l’un après l’autre
Ils baiseront la thora en soulevant leur beau chapeau
Parmi les feuillards de la fête des cabanes
Ottomar en chantant sourira à Abraham

Ils déchanteront sans mesure et les voix graves des hommes
Feront gémir un Léviathan au fond du Rhin comme une voix d’automne
Et dans la synagogue pleine de chapeaux on agitera les loulabim
Hanoten ne Kamoth bagoim tholahoth baleoumim

Guillaume Apollinaire

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Menorah

Catégories Art

 » Ils n’arrêtent jamais de faire la fête !!! « 

La fête de Souccot continue… et c’est déjà le 4 ème jour!!! Le matin on met des couvertures mais il fait bon s’asseoir sous la soucca selon la coutume, d’y agiter le loulav aux quatre directions, de prononcer les bénédictions. Nos amis viennent nous voir et nous célébrons la joie de l’amitié en partageant la nourriture.

Baroukh ata A-do-naï Élo-heinou mélèkh haolam achère kidéchanou bémitsvotav vetsivanou léchèv bassouccah.

Béni sois-Tu, Éternel notre D.ieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné de nous asseoir dans la Souccah.

Nous nous remémorons les bonté de D. et que sa providence ne nous a pas abandonné. Le désert existentiel devient tout à fait habitable ! Béni soit l’Omniprésent qui « demeure » parmi nous.

Soucca

Mpi, Isa R., Valou D., DLSoucca2

Hochaana Rabba

Hochaana Rabba

Loulav

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Souccot : la fête de la joie !

Ca y est ma soucca (cabane) est finie !

Soucca DSCN7162 DSCN7164

Mon chat a suivi toute la construction… très intrigué :

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D. a habité au désert une tente nomade et provisoire. La Soucca devient notre résidence principale… et notre maison en dur notre résidence de passage dit le Talmud. Finalement nous ne sommes que des nomades. On doit manger avec ses amis sous la soucca et on doit voir le ciel a travers le toit. Tout est dit.

A l’époque du second Temple, le premier soir de Souccot, après la nuit, des fêtes se déroulaient sur l’esplanade du Temple avec de multiples illuminations, spécialement dans la cour des femmes ; il est écrit : « qui n’a pas assisté à cette fête de l’eau n’a jamais vu de réjouissances de toute sa vie ».

La fête est désignée par la formule « le temps de notre joie », c’est ce que je vous souhaite de tout coeur.

« vous prendrez, le premier jour, du fruit de l’arbre hadar (c’est l’étrog), des branches de palmier (kapote témarim), des rameaux de l’arbre avote (ânaf éts-avote) et des saules de rivière (ârvé-na’hal) et vous vous réjouirez en présence de Hachém votre D.ieu pendant sept jours ».(Vayiqra 23, 40)

Souccot est une fête de pèlerinage agraire, la fête de l’engrangement. Une des trois grandes solennités du judaisme pendant lesqellles le peuple montait au Temple de Jérusalem. La période de Souccote est celle du début des pluies et des demandes de bénédictions pour la pluie (guéchém). L’eau est le symbole de la Torah de vie (mayim ‘hayim) qui arrose la terre c’est à dire le peuple d’Israël et tous les hommes (Bamidbar 24, 7).

Quelques passages du Traité Soucca dans le Talmud de Jérusalem aux chapitres 4 et 5 :

R. Simon exige 4 murs, et les autres rabbins se contentent de 3, car ces derniers interprètent la triple répétition du mot soucca dans la Torah en ce sens qu’il faut une partie au-dessus (la couverture), et deux de côté (les murs), outre un 3ème mur qu’ils ajoutent de leur autorité. R. Simon au contraire déduit de ce que le troisième des termes soucca est écrit au pluriel, qu’il y a allusion à un mur de plus, soit, un supérieur (la toiture), et les trois murs du bas, plus le 4ème, ajouté par prescription rabbinique. Selon R. Hiya b. Ada, deux docteurs ont expliqué chacune de ces opinions, l’un justifiant celle des rabbins, l’autre celle de R. Simon. Les sages se fondent sur ce qu’il est dit (Isaïe, IV, 0) : il y aura une tente pour s’abriter à l’ombre le jour contre la chaleur, ce verset fait allusion à la toiture, et les 3 termes soucca précités visent les 3 murs. Selon R. Simon, qui adopte ces déductions, il y a un côté de plus à envisager, parce qu’une fois le mot soucca est écrit au pluriel. Selon les rabbins de Césarée, on peut déduire de ce même verset d’Isaïe, soit l’opinion de R. Simon, soit celle des autres sages ; la première partie de ce verset vise un côté ; les mots suivants, pour la protection et le refuge, visent 2 côtés; enfin les deux derniers mots, contre l’orage et la pluie, ne représentent qu’une expression, selon les rabbins, tandis que R. Simon en fait deux.

Il a été enseigné  : deux murs (de la soucca) devront être réguliers, et il suffira que le 3ème soit d’une palme. R. Hiya dit au nom de R. Yohanan; s’il y a 2 murs ayant chacun 4 palmes, et le 3ème n’eut-il qu’une palme, la soucca est valable. R. Oschia demanda : est-elle valable aussi si l’on a placé le mur d’un palme entre les 2 autres, sans les toucher? Puis il modifia sa question et demanda ce qu’il en serait lorsqu’on a placé de même un des murs de 4 palmes ? Selon R. Jacob b. Aha, un fait de celte dernière nature a été exposé devant R. Yossa, qui déclara : « en ce cas la soucca valable ». En effet, il a été dit (ibid.) : lorsqu’une cour est entourée de colonnes (ne se touchant pas), celles-ci sont considérées comme des murs. Mais l’enseignement précité ne contredit-il pas cet avis de R. Yossa, qui valide une telle soucca? Les 2 murs devront être réguliers, est-il dit; donc, en cas d’irrégularité, ils n’ont pas de valeur, et n’est-ce pas dire que c’est une irrégularité d’avoir laissé un intervalle au milieu? Non, dit R. Samuel b. R. Isaac, l’irrégularité consiste dans le défaut du placement de l’un vis-à-vis de l’autre (non dans l’écart). Rab dit : le 3è mur qui est d’un seul palme devra être distant de l’un des autres murs d’un palme (pour être distinct). Samuel dit : si même ce 3è mur est tout à fait rapproché de l’un des autres, on le suppose écarté, à la distance voulue. C’est aussi l’avis de R. Aba Hinena b. Salmieh, ou R. Jérémie au nom de Rab. R, Jacob b. Aha dit que R. Yohanan et R. Simon b. Lakisch adoptent chacun l’un des deux avis qui viennent d’être exprimés.

Cahana et Assa montèrent, et devant Rab se mirent à discuter chaque avis, jusqu’à ce qu’enfin ils adoptèrent celui de Samuel. R. Juda b. Pazi dit au nom de R. Josué b. Levi : il faut toutefois que ce 3è mur d’une seul palme ne se trouve pas à plus de 3 palmes de distance des autres (pour qu’il puisse y avoir jonction fictive), comme cela a été spécifié pour la latte figurant la porte à l’entrée d’une ruelle (ainsi close fictivement le samedi)

Les extrémités de branchage qui dépassent la toiture de la soucca sont encore considérées comme celle-ci. Toutefois, explique R. Houna au nom des rabbins de Rabylone, il faut pour cela que le branchage dépasse toute la largeur de la soucca. Selon R. Jacob b. Aha, ou R. Yossa et R. Yohanan au nom de R. Oschia, il suffit de dépasser un mur quelconque. Enfin, selon R. Jacob b. Aha, R. Hiya dit pour R. Yohanan au nom de R. Oschia, que cette extrémité peut même passer sur un point non muré (dans le vide). On s’explique l’opinion de R. Yossa, d’admettre pour valable ce qui est en face d’un mur (qu’en imagination on suppose prolongé et couvert) ; mais comment expliquer l’avis de R. I.Iiya, d’admettre aussi pour valable ce qui est au-dessus de rien? Pourquoi tant d’allégement de la règle? En réalité, il s’agit de l’intérieur de la soucca; et bien qu’au-dessous de ce bout de branchage, la partie ombrée soit éclipsée par le soleil (à l’opposé de ce qui est prescrit d’ordinaire), ce point sera valable comme soucca. De ce qu’il est dit : « si la partie claire dé- passe l’ombre, la soucca n’est pas valable», on peut déduire qu’en cas départage égal, elle est valable; d’autre part pourtant il est dit (plus loin, II, 3) qu’en cas de soucca irrégulièrement couverte, pourvu que la partie ombrée dépasse celle qui est claire, elle est valable, non en cas de partage égal ? Pour- quoi, à parts égales, est-elle tantôt valable^ tantôt non? Les rabbins de Césarée répondent, pour Isaac b. Nahman au nom de R. Oschia, qu’il y a invalidité à parts égales lorsque la couverture provient d’un arbre dont les branches s’écartent souvent (de sorte que, plus tard, la partie ombrée sera éclipsée).

Il arriva à la soucca de la reine Hélène, à Lydda, de se trouver avoir une hauteur de plus de 20 coudées, et pourtant les docleurs y allaient et venaient, sans provoquer nulle observation sur le plus ou moins de valeur légale de la soucca? On n’y faisait pas attention, ful-il répliqué, parce que c’était à une femme, et que les femmes ne sont pas aussi strictement tenues de suivre ces préceptes. Mais, fut-il objecté, n’y a-t-il pas liou au contraire de tirer une preuve de ce fait particulier, puisqu’Hélène avait 7 fils, qui étaient disciples de sages (gens sévèrement religieux)? Or, on ne peut pas arguer que la soucca de cette reine était trop petite pour laisser place à plus de la majeure partie du corps devant la table du repas (la reine ayant dû avoir une belle soucca) ; il faut donc adopter l’argumentation de R. Oschia et supposer qu’en raison de la jonction du mur au sommet, celte grande élévation était permise. Donc, l’exemple de cette soucca royale n’est pas un sujet de contestation, car tel est l’usage des gens riches d’établir des cloisons minces (sur lesquelles la toiture ne porte pas), afin que la fraîcheur puisse pénétrer (d’en haut).

Si l’on a fait passer au-dessus de la soucca un cep de vigne, ou une courge, ou du lierre , pour servir de toiture, complétée par d’autres branchages, elle ne sera pas valable (en raison de ce que les premiers objets adhèrent au sol). Cependant, si le reste de la couverture forme la plus forte part, ou si l’on a détaché du sol les dits plants, la soucca est valable. Voici la règle générale : parmi les deux objets susceptibles de devenir impurs, on emploie à couvrir la soucca ce qui pousse dans la terre, non ce qui n’y pousse pas ; on emploie à cet effet ce qui n’est pas susceptible d’impureté et pousse dans la terre.

Cédrats de Souccot en Corse

Enfant, ma grand-mère Corse m’envoyait chaque hiver un énorme cédrat confit de Bastia et aussi des branches de palmier. J’ai retrouvé un jour ce cédrat et son odeur très particulière à la synagogue. C’est une des espèces du loulav, le bouquet qu’on agite dans la cabane que l’on construit pour la fête de Souccot (lundi et mardi).

Etrog

Cédrat (Etrog) dans ma Soucca – photo DL

En réalité c’est toute la Corse qui est devenu le plus gros producteur de Cédrats au XIXème siècle et cela pour tout le monde juif.

Car les cédrats de Corfoue qui fournissait toute l’Europe, agréés en 1825 par le Beth Efraïm, avaient été repoussés comme non casher car pas de pied franc, leur filiation ayant été remise en question. En 1875 les rabbanim, avec à leur tête Rav Kovna, Rav Yits’haq El’hanan Spector, ainsi que le Rav Israël Salanter et Rav Chlomo Kluger, des maîtres reconnus et très respectés du judaïsme avaient interdirent l’utilisation des éthroguim de Corfoue pour encourager ceux de Corse [ Source : Information issue de la revue « Kountrass » de Jérusalem, n°116 du 15 juin 2013. Juifs et Corses, frères d’arme ? pg. 29.]

Et c’est ainsi que la Corse est devenue à la fin du XIXème siècle le plus gros producteur de cédrats au monde

Loulav

Vérification des quatre espèces – carte de vœux de Roch Hachana, 1900

Souccca

Soucca à Bastia vers 1950 (photo Guy et Benny Sabbagh)

Tout le monde connait la liqueur de cédrat, la cédratine, typique de la Corse.

cédratine

Souccot est la fête universelle par excellence, on offrait au Temple 70 bêtes pour les 70 nations du monde, c’est-à-dire tous les peuples.

Selon une jolie tradition, les quatre espèces représentent quatre types de juifs.

–          La feuille de saule n’a ni goût ni odeur. Ce sont les personnes qui n’étudient pas la Torah et ne font pas de bonnes actions.

–          La branche de palmier est comestible mais n’a pas d’odeur. Il renvoie aux personnes qui étudient mais ne font pas de bonnes actions.

–          La myrte a une bonne odeur mais n’est pas comestible, elle symbolise ceux qui accomplissent de bonnes actions mais n’acquièrent pas la connaissance.

–          Le Cédrat a un bon goût et une bonne odeur. Il représente les personnes qui étudient et accomplissent de bonnes actions.

Réunir les quatre espèces revient à rassembler tout Israël indissociable aux yeux de D.ieu ainsi que les 70 Nations, c’est à dire toute l’humanité pour laquelle le Temple de Jérusalem avait été construit. Que vienne ce jour. Beezrat HaShem.

Hag Souccot Sameah ! Forza Corsica !

KIPPOUR !

Shofar

Juda bar Nahmani a commenté en ces termes, au nom de Resh Laqish : Le Psaume 47;6 dit: Elohim monte en fanfare (teru’a), Adonaï au son du cor (shofar). Lorsque le Saint béni soit-il monte pour prendre place sur le trône du jugement c’est pour rendre un verdict, ainsi qu’il est dit: Dieu monte en fanfare…Mais lorsque les Israélites se saisissent de leur shofar le Saint béni soit-il change de trône: il quitte celui du jugement pour occuper celui de la miséricorde, ainsi qu’il est dit: Dieu (monte) au son du cor. Son cœur est empli de miséricorde et il leur pardonne. Quand cela a-t-il lieu? Le premier jour du 7ème mois.”*

(Midrash : Lévitique rabba § 29, Genèse rabba § 56 et Rosh ha-Shana 16a)

* Roch Ha-Chanah

Le mystère de la parole et du silence : le grand rabbin Haïm Korsia à la rencontre des sourds juifs

Etrange monde que celui des malentendants. Se retrouver dans une salle remplie de monde sans un bruit, où tous parlent par gestes renvoie au plus profond de nous même à un endroit où le geste et la parole se rejoignent dans le silence de la naissance du monde.  » Là ou naît l’ouverture à l’autre « , nous a expliqué le Grand Rabbin Haïm Korsia (photo) venu à a rencontre des sourds et malentendants juifs ce dimanche, lendemain de Shabbat Shouva, au coeur des dix jours redoutables qu’ouvre et ferme l’appel du choffar à Rosh Hashana et Kippour.

Haim Korsia

Haïm Korsia a profité de l’occasion du banquet de l’Association culturelle des sourds  juifs de France à l’occasion de son 35 ème anniversaire et d’une autre association. L’ACSJF a été fondée par Dimitri Portnoï (à droite sur la photo); Déborah et Gabrielle, ses filles (à sa gauche sur la photo) ainsi que des multiples personnes la font vivre.Nous étions généreusement invités par la communauté de la Celle-saint-Cloud.(Famille Brami)Sourds juifs 1

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Dimitri Portnoï – Association culturelle des sourds  juifs de France,
Monsieur Brami – président de la communauté de la Celle-Saint-Cloud,
Haïm Korsia – Grand Rabbin de France 

Cette association de sourds juifs a son propre ‘rabbin’ fils de rabbin sourd, le Rav Isser Lubecki. Celui-ci parle principalement en langage des signes avec sa communauté, anime le talmud Torah pour les enfants sourds et malentendants, fait la derasha en langue des signes… avec un rare courage.

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Le Rav Isser Lubecki

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Tout était traduit en temps réel en langage des signes dans un silence impressionnant. Haïm Korsia est un homme humble  et sa capacité à rejoindre l’auditoire était émouvante. Et comme le Grand Rabbin a aussi de l’humour c’était aussi profond et souvent assez drôle. Il a commenté ce verset du psaume 139, 13 :

כִּי-אַתָּה קָנִיתָ כִלְיֹתָי  תְּסֻכֵּנִי בְּבֶטֶן אִמִּי

C’est toi qui as façonné mes reins, tu m’as pétri dans le sein de ma mère.

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Le Rabbin Haïm Harboun a ensuite commenté cette phrase du psaume 85, 11

חֶסֶד-וֶאֱמֶת נִפְגָּשׁוּ    צֶדֶק וְשָׁלוֹם נָשָׁקוּ

L’amour et la vérité se rencontrent,
la justice et la paix s’embrassent.

Il a dit aux personnes présentes qu’elles étaient dans le geste et que ce geste était vérité, Emet en hébreu. Adonaï est emet, la Torah est emet pour nous les juifs.

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Le responsable de l’association des sourds juifs d’Israël était présent, et c’était un peu comme si tous les sourds juifs du monde étaient là.

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Ben Zion Chen, Helen Keller Center, Tel Aviv

La délicatesse des gens de l’association, leur accueil généreux, la lumière d’automne. Il y avait une espèce de magie de la rencontre comme si la parole et le silence se rejoignaient dans les gestes.

Il y a une heure du soir où la nature se tait. Elle commence à parler comme en silence. Nulle parole dans ce bruissement mais notre oreille entend et nous comprenons ce silence.

Ce silence est aussi celui de l’arche quand on l’a ouverte pour dire Minha.

Les sourds sont une bénédiction pour nous qui entendons… ou croyons entendre. Voilà ce que j’ai appris aujourd’hui.

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Nous ne pouvons ici citer tout le monde, quelques noms :

  • Représentants ACSJF : Dimitri Portnoï, Maria Portnoï, Edmond Chetrit, Hanoufa Makklouf, Chlomo Chekroun, Elisabteh Kraut.
  • Représentants Sourds Juifs d’Israel : Président Chen Ben Zionבן ציון חן .
  • Représentants communauté juive : Grand Rabbin de France Haïm Korsia, et aussi Rabbin synagogue de Paris, Moshe Sebbag,
  • Directrice OSE : Patricia Sitruk,
  • FSJU (Fonds Social Juif Unifié): Sandrine Zena,
  • Rabbin Haïm Harboun de la Communauté Ohel Abraham de Vaucresson,
  • Merci communauté israélite ouest, Famille Brami.

Comment interpréter le verset (Ex 20, 15), qui suit immédiatement l’énoncé des Dix commandements : « Et tout le peuple voi(en)t les voix… »?

Selon Rabbi Yichmaël (dans le Midrach Halakha sur l’Exode) : le peuple voit ce qu’il y a à voir et entend ce qu’il y a à entendre – mais le mot « entendre » manque. Soit le verset est elliptique, soit l’écoute se situe sur un autre plan (dans le non-dit).

Selon Rabbi Akiba : si le peuple voit la voix, c’est parce qu’il y a eu un miracle au Sinaï. Les paroles de la révélation se sont inscrites sous forme de lettres [ou par gravure dans la pierre]. Le texte ne procède pas par comparaison ou analogie : il y a vraiment eu vision.Au Sinaï, la vue et l’ouïe fusionnent sous le choc spirituel. Comme l’affirme les Sentences des Pères (Pirqé Avot) un traité talmudique très ancien : « Ces Dix Commandements de la Torah comprennent tous les commandements de la Torah et toutes les choses d’En haut et d’en bas, y compris les Dix Paroles par lesquelles le monde fut créé » (Pirqé Avot 5,1).

langue des signes

Gabrielle et Déborah Portnoï. (TEDx Vaugirard) :